• Suivez-nous :

accueil
Actualité-Politique > France > “Actuellement, 
c’est comme si on payait 

Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

France - 28-08-2015

“Actuellement, 
c’est comme si on payait 


“Actuellement, 
c’est comme si on payait 
pour traire nos vaches” Erwin Schöpges, est éleveur près de Liège, président du Mig (association belge des producteurs laitiers), représentant de l’EMB (mouvement européen de producteurs issus de dix-sept pays). Il coordonne un rassemblement d’agriculteurs européens, le 7 septembre à Bruxelles, en marge de la réunion des ministres de l’Agriculture des Etats membres de l’UE. On voit bien qu’actuellement, pour faire du lait, c’est comme si on payait pour traire nos vaches.” En Belgique, le prix du lait se situe ainsi aux environs de 24 ct/kg aujourd’hui. Et il devrait encore baisser : “On nous annonce 22 ct, voire 20 ct, dans quelques mois”, indique Erwin Schöpges. Or, “les coûts de production, si on compte la rémunération de l’éleveur, sont à 46 ct selon notre observatoire. Même les études politiques ou d’autres organisations montrent qu’il faut au minimum 41 ct”. La situation est comparable en Allemagne, où les coûts de production sont à 46 ct/kg, ou encore aux Pays-Bas, à 42 ct, selon l’EMB. Selon un indice 100 pour l’année 2010, ils s’élèvent à 107 globalement dans l’union européenne. “Beaucoup de gens, voire à peu près tous, ne parviennent plus à payer leurs fournisseurs, poursuit Erwin Schöpges, sur la situation en Belgique. Les faillites sont nombreuses. Et quand les gens vendent, ce ne sont plus des grandes ventes : ce qui est vendu leur permet juste de récupérer ce qui est investi, certains ne parviennent même pas à payer les derniers crédits. Pour des fermes qui font entre 60 et 100 vaches, qu’ont dit “performantes”, ce n’est quand même pas normal.” L’exploitation moyenne en Belgique produit 400 000 litres de lait. “Bien sûr, il y a des grandes fermes, comme en Allemagne, qui veulent encore grossir. Avoir des fermes de 500, 700, 1 000 ou même 2000 vaches demain, les industriels n’y sont pas opposés. Mais il faut se poser la question si on veut une agriculture familiale, car une fois qu’elle sera détruite, elle ne va pas revenir. Et c’est ce qui va arriver, s’il n’y a pas de changement au niveau européen.” Selon lui, les décisions doivent prendre en considération les demandes des citoyens. “Un mouvement belge nous soutient. Les consommateurs ne veulent pas d’une agriculture industrielle. Le syndicalisme ouvrier pèse aussi beaucoup.”

“Que les politiques laissent faire, c’est autre chose…”

L’EMB réclame une maîtrise de la production, ce qui passerait par une harmonisation des prix et réactivité entre pays. “Certains pays ne sont pas prêts à réguler. Mais il faut aussi faire attention à ce que veulent les agriculteurs, car on est qu’au début de la crise. On voit qu’aujourd’hui, la politique européenne n’est plus faite pour protéger la population : elle est davantage orientée par les multinationales et le grand capital. On ne peut pas reprocher à Nestlé, Lactalis ou Danone de profiter de la situation pour s’approvisionner à des prix plus bas : c’est légitime, dans leur position. En revanche, que les politiques laissent faire tant que les prix [en magasins] sont les moins chers, c’est autre chose… Mais pour les politiques, il est difficile de reconnaître leur erreur, seulement trois ou quatre mois après la suppression des quotas laitiers.”

Signaler un abus
Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services