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Porc - 21-08-2015

“La France doit soutenir son industrie au lieu de la suspecter”

interview////Opposé à la fixation du prix du cochon à 1,40€ au Marché au cadran de Plérin, le président de la Cooperl Arc Atlantique, Patrice Drillet, a été reçu par le Ministre de l’agriculture mercredi.

La Cooperl, numéro un du porc en France et 5e opérateur européen manquait encore à l’appel mardi, à l’ouverture du marché de Plérin. Toujours opposé au prix de la viande de porc, fixé à 1,40€ le kilo, son président, Patrice Drillet, dénonce “une décision politique déconnectée du marché et de la concurrence”. Une concurrence très rude sur les trois marchés qui concernent la Cooperl. En France d’abord, où les Espagnols sont très “agressifs”. En Europe, ensuite où l’industriel français retrouve en face de lui les poids lourds de la viande de porc : l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. Enfin, l’international marqué par l’absence de la Russie. Soit 800 000 tonnes commercialisées tous les ans habituellement par l’Europe et qui doivent trouver de nouveaux débouchés. En face, il y a aussi les Etats-Unis “dont les subventions soutiennent les exportations”. Une fois ce panorama dressé, le constat est clair pour l’industriel breton. “Notre survie, c’est la compétitivité. Or, le prix politique de 1,40 €, s’il est nécessaire pour couvrir les coûts de production des éleveurs en difficultés, est impossible à tenir face à la concurrence” explique Patrice Drillet. “Avec ce prix fixé, 0,28 € séparent aujourd’hui le cours français du cours allemand. 0,38€ du cours hollandais. Compte-tenu de ces différences de prix, la Cooperl perd 0,35€ pour chaque kilo vendu”.

Tirer la sonnette d’alarme

C’est cette réalité économique que Patrice Drillet a tenu à présenter mercredi au Ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. “En ne participant plus aux cotations du marché breton, Cooperl a souhaité tirer la sonnette d’alarme car la dégradation de ses indicateurs économiques met en péril l’existence même de la coopérative”. Dans ce contexte, recentrer la totalité des achats en porc sur ses 2  700 adhérents est devenue une priorité. L’industriel, qui abat, découpe et transforme en moyenne dans ses trois abattoirs 110 000 animaux par semaine, “a fait le choix d’abandonner des marchés trop dépréciés pour se tourner vers les plus rémunérateurs”. Mais cette option ne résoudra pas le problème de fond qui subsiste depuis de longues années. “Quand on cumule tous les avantages de nos concurrents européens, on arrive à un différentiel de compétitivité qui dépasse les 15€ par porc !” s’exclame Patrice Drillet. Et de pointer du doigt le dumping social et une TVA avantageuse en Allemagne. “Il faut ramener au niveau européen toutes les discussions sur la filière porc ! Et la France doit soutenir son industrie au lieu de la suspecter”. Dans ses doléances au Ministre, la Cooperl Arc Atlantique réclame la mise en place d’une aide européenne d’urgence “visant à dégager le marché intérieur de la surproduction” liée à l’embargo russe. Elle souhaite également le renforcement de l’étiquetage d’origine. Une démarche que fait à son niveau l’Allemagne et l’Espagne, un pays “où il est très difficile d’écouler de la viande française”.

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