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Eau - 03-12-2004

Le bois chauffe l'école de Quelaines

Les enfants ouvrent grand les yeux. « Ici, il y a des appareils qui disent : ‘Je voudrais chauffer cette pièce’. Pour votre classe, c’est ce tuyau-là qui emmène le chauffage. » Attentives, toutes les petites têtes suivent le doigt de Bernard Bedouet, le directeur de l’école Sainte-Marie de Quelaines. Depuis le 1er novembre, la chaudière à bois déchiqueté flambant neuve chauffe les 4 classes de l’école, plus la salle de motricité et le bâtiment administratif. Une autre classe est en construction. A terme, 568 m2 seront chauffés. Le projet étonne, monté par les parents d’élèves et le conseil d’administration, sans grand battage. Ces temps-ci, les projets de grande ampleur sur les énergies renouvelables se multiplient. Finalement, sans égaler les 2900 m2 qui seront chauffés dans un an au CFP La Futaie de Port-Brillet (Avenir agricole du 29 octobre), l’école Sainte-Marie est la première collectivité du département à fonctionner avec ce type de machine : une chaudière poly-combustibles. Reka, son fabriquant danois, vient de s’implanter en France. La chaudière se nourrit de bois, mais aussi bien de céréales. Leur prix est moins intéressant pour l’instant, mais certains y croient et vont développer ces systèmes (lire ci-dessous).
Un projet porté par les parents
Les agriculteurs sont au cœur du projet de Quelaines. Cette chaudière a un moteur : c’est Dominique Bordeau, fer de lance des énergies renouvelables et de l’agriculture raisonnée, par ailleurs président de l’organisme de gestion de l’école. Avec de telles bases, on comprend que ce projet n’a rien de fumeux. La réflexion a démarré il y a 3 ans. L’école devait changer ses chaudières à gaz, dont deux étaient installées dans les classes. Question d’âge, question de sécurité surtout. Dominique Bordeau avait déjà installé une chaudière à bois déchiqueté chez lui. Il a réussi à convaincre l’école de faire de même. Un sacré pari de 58 000 e, pour l’instant uniquement aidé par l’Ademe à 24 000 e. Les collectivités ? Rien n’est sûr, encore. Mais ça n’a pas empêché les parents de se lancer, et de faire tout leur possible pour réduire les coûts. « Nous avons donné de notre temps, en particulier pour construire le local » explique Dominique Bordeau. Mais c’est une habitude à Quelaines. Tout le monde s’était déjà mobilisé pour un préau. « ça nous fait plaisir ! » Et puis, « on a fait le pari que le consommable ne coûtera presque rien sur le long terme » ajoute Bernard Bedouet. Parmi les parents d’élèves, on compte une quinzaine d’agriculteurs, prêts à donner du bois déchiqueté. Reste à s’organiser. Pour le début, il a été plus simple, et peu coûteux de faire rentrer 70 m3 de copeaux industriels. D’autres pistes sont à étudier que ce soit avec la municipalité, ou les charpentiers « qui vont devoir payer la déchetterie à partir de 2005 » explique Bernard Bedouet.
La chaudière s’inscrit aussi dans la démarche pédagogique d’une école rurale ouverte à son environnement. Le directeur détaille : « Longtemps, nous avons eu des moutons, un poulailler. Aujourd’hui, nous avons toujours un potager, les enfants ont planté 200 m de haies, les petits participent au tri sélectif. C’est à force de faire des gestes, de voir, d’en parler que les choses entrent dans la tête. ça peut les éveiller pour leur vie d’adulte. » Mais pour leurs rêves d’enfants, le Père Noël pourra passer par la nouvelle cheminée de la chaudière…
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54 euros la tonne !
« ça a été la surprise : le prix du bois industriel est de 54 e la tonne ! » confie Dominique Bordeau. Il n’y a pas photo avec les céréales, autre combustible potentiel. Sur le bois, « je pense que ce qui va se passer, c’est que le prix des chutes industrielles va augmenter, et dans l’autre sens, nous, agriculteurs, allons réussir à baisser nos prix grâce à la mécanisation et une meilleure organisation. La Cuma Cepvil (Cuma d’étude, de promotion, de valorisation des initiatives locales) réfléchit à acquérir une nouvelle déchiqueteuse. » Selon lui, on devrait arriver à une stabilisation.
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Des combustibles agricoles
En Seine-et-Marne, une association a été créée par des agriculteurs et un négociant en grains : l’Association libre pour le développement des combustibles agricoles. Une chaudière pilote à céréales de 80 kW a été installée. « Il faut savoir que 2,5 tonnes de céréales correspondent à 1000 l de fioul, disent les intéressés. Compte tenu que le prix du fioul est de 450 e pour 1000 l et que le blé se vend 120 e la tonne rendu chaudière, cette opération permet de dégager une économie de 150 e pour 1000 l de fioul. » Mais actuellement, le bois reste encore plus intéressant.
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