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Pays de la Loire - 31-07-2015

Viande et lait : le scénario qui pourrait plomber la rentrée

MARCHES

Les cours peinent à monter aussi bien en viande bovine qu’en lait. En viande bovine, avec la sécheresse, les éleveurs de vaches allaitantes risquent de se débarrasser de leurs animaux pour renflouer en partie leurs trésoreries. Et trop de lait sur le marché européen plombe le marché français.


Dans les régions d'élevage allaitant comme dans le Massif central, mais aussi en Maine-et-Loire et en Mayenne, les prairies sont à sec. “Pas mal d’éleveurs allaitants affouragent déjà”, estime Bernard Boussange, chef de service Elevage à la chambre d’agriculture de la Corrèze. S'ils ont globalement des stocks de l’an passé, mais ils vont rapidement devoir adapter leur stratégie : garder ou vendre ? “Cela va dépendre de la conjoncture, mais certains éleveurs sèvrent plus tôt les jeunes de l’année”, observe Pascale Faure, responsable de l’équipe fourrage de la chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme.

Vendre oui, mais à qui ? Pour le maigre, “la demande turque ne semble pas s’essouffler, des départs étaient prévus en juillet et en août”, selon le bulletin Tendances de l’Institut de l’élevage. Mais “des interrogations commencent cependant à poindre sur son évolution automnale”, du fait de la réglementation turque limitant les importations. Reste l’Espagne ou le Maghreb, avec la fin des fortes chaleurs et du ramadan, qui pourrait peut-être prendre le relais à l’automne. L’Italie aussi semble friande d’animaux plus lourds, avec une hausse des importations de 1 % sur les cinq premiers mois de l’année. Le sera-t-elle toujours à la rentrée ? Engraisser alors ? La nouvelle Pac ne favorise pas l’engraissement et surtout le prix des céréales commence à monter.


Davantage de jeunes bovins pour l’automne ?


Actuellement, le jeune bovin est la seule catégorie d’animaux dont les cotations ne montent pas, et cela malgré l’accord du 17 juin entre tous les acteurs de la filière. Avec l’impossibilité de payer des acheteurs grecs, “deuxième débouché après l'Italie”, les jeunes bovins restent “stockés” en ferme. “Pour l’instant, personne n’a trouvé d’autres débouchés”, affirme Serge Fargeot, directeur général d’Arcadie Sud-Ouest. La chute de la consommation avec les fortes chaleurs accentue la faible demande pour les jeunes bovins de races allaitantes. Pour l’Idele, “si les faibles disponibilités en mâles de race allaitantes dans les élevages permettent de contenir toute baisse des prix, les effectifs pourraient s’étoffer rapidement et peser sur les cours”. A l’automne, ces jeunes bovins risqueraient bien de sortir d’un coup sur le marché.


En lait : décapitaliser ou pas ?


La cotation de la vache laitière progresse avec un prix du lait bas (300 /1 000 l) et qui aurait tendance à le rester les six prochains mois. Les éleveurs n’auraient-ils pas intérêt alors à décapitaliser, surtout si la sécheresse limite la disponibilité en fourrage ? Le résultat pourrait être un retour à la hausse des cours du lait d’ici plusieurs mois. Pierrick Kernen, conseiller chez Elevage conseil Loire Anjou, confirme : “Adapter le nombre d’animaux à sa production, vu le prix du lait, est l’une des premières stratégies. Chez nous, on observe plus de génisses dans les élevages que les autres années. Il serait bon de s’interroger sur le nombre de génisses à réellement conserver par la suite.”

Produire même à bas prix, pour ne pas perdre plus


Philippe Chotteau, chef du service économie à l’Idele, remarque que les éleveurs les plus fragiles sont en fait “les investisseurs les plus récents, qui paradoxalement n’ont pas intérêt à décapitaliser ou à baisser leur production”. David Bourdin, président des JA de la Sarthe, est plus catégorique : “Il manque 0,40 €/l de lait. Les éleveurs vont décapitaliser ! Sur mon exploitation, je perds 2 000 à 3 000/mois, sans aucune visibilité sur les cinq prochains mois. Depuis août 2014, il me manque 25 000 euros. La crise de 2009, c’était rien du tout !” Pour l’instant, Serge Fargeot (Arcadie Sud-Ouest), n’observe pas d’afflux supplémentaire vers ses abattoirs. Il a cependant bien conscience des risques. Il est tout à fait imaginable de voir un afflux de vaches allaitantes à l’automne vers les abattoirs, suivi par l’afflux des vaches laitières.







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Catégories : Bovins Lait Viande

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