• Suivez-nous :

accueil
Sarthe > Joël Cosme : “Bientôt on nous dira : il n’y a plus de porcs en France !”
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

Sarthe - 15-05-2015 - Nathalie Barbe

Joël Cosme : “Bientôt on nous dira : il n’y a plus de porcs en France !”

Champ libre

Joël Cosme est le fondateur de la Charcuterie Cosme. Il attend plus de civisme de la part des industriels. Et des décideurs politiques, des mesures de rééquilibrage en faveur du porc français. Son credo : sauvegarder le potentiel de production national face à la concurrence étrangère.

Joël Cosme est le fondateur de la Charcuterie Cosme.

Joël Cosme est le fondateur de la Charcuterie Cosme.



Postés aux entrées de l’agglomération mancelle, les magasins LIDL irritent l’entrepreneur sarthois. “Les choix d’implantation de cette enseigne allemande correspondent à une stratégie de conquête. Nous sommes dans une guerre économique” estime Joël Cosme. A cette concurrence venue d’Outre-Rhin, le fabricant oppose la notoriété locale, l’attachement au territoire, le travail de terrain fait “de gué à gué”. Bref, l’assurance d’une marque 100 % sarthoise. “Il ne me viendrait jamais à l’idée d’aller fabriquer mes rillettes en Allemagne.” Pour se développer, l’entrepreneur pense local avant tout et pour cela, trouve “les bonnes solutions” sur place.

“Produire français doit être une conviction, pas une vitrine !”


“Il y a 25 ans, quand j’ai mis mes éleveurs porcins en route, on m’a pris pour un marginal. Aujourd’hui, le travail est abouti. Il a permis d’installer une dynamique locale.” Avec 50 000 porcs à l’année, l’entreprise trouve son équilibre en créant un débouché pour chaque morceau. De même, pas question de s’approvisionner à l’étranger quand cette matière première vient à manquer. Les recettes sont alors tout simplement modifiées. Ainsi, une offre réduite en poitrine d’agneau est-elle compensée par du bœuf. “Je préfère afficher 100 % français et adapter la recette plutôt que tricher.” Alors que l’élevage français traverse une grave crise, le Sarthois aimerait voir les acteurs de la filière faire preuve d’un peu plus de civisme. “Quand les abatteurs ou les coopératives jouent la carte région et développent parallèlement une filiale de viande à l’étranger, où est le civisme dans tout ça ? Produire français doit être une conviction, pas une vitrine !”


La stratégie n’est plus liée au savoir-faire


Aujourd’hui, “tout le monde se donne un peu raison”. L’abattoir qui, pour rentabiliser ses lignes et sa main-d’œuvre, s’approvisionne à l’étranger. Le marché qui spécule en faisant croire à la pénurie de matière. Le produit, que l’on ne veut pas brader, finit par laisser l’offre étrangère orienter le marché. C’est une boucle sans fin. “La France est aujourd’hui déficitaire en jambon cuit alors que nous fabriquons le cochon depuis des générations ! Nous avions des multitudes de races faites pour la charcuterie. Notre savoir-faire a été rattrapé par d’autres bassins de production comme le Danemark, l’Allemagne et, aujourd’hui, la Pologne.” La stratégie n’est donc plus liée au savoir-faire et le marché va au moins disant. “Vous pouvez présenter le meilleur produit du monde, ça ne reste que du cochon, et votre voisin, lui, le produit à moins cher.” Aujourd’hui, “les politiques devraient prendre des mesures de rééquilibrage sinon nous allons détruire notre potentiel de production. Bientôt on nous dira : il n’y a plus de porcs en France”.


Nathalie Barbe




Signaler un abus

MOTS CLés : Joël Cosme / porc /

Catégories : Porcs

Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services