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Autres eco-gestion - 22-01-2004

PAC et prix du lait : 2004, année charnière

Lors de leur congrès du 7 janvier à Rennes, les 70 délégués laitiers de la FRSEA de l’Ouest ont pris des positions conformes à celles annoncées par leur syndicat national FNPL, aussi bien en ce qui concerne les options pour la Politique agricole commune que les discussions sur le prix du lait. En résumant leurs points de vue sur la PAC, leur président Marcel Denieul répète même le refrain désormais classique : « On n’a pas voulu de cette réforme mais on va essayer de faire au mieux ». C’est la même sentence qui est reprise lundi 12 janvier par le chef du service international de la FNSEA lors d’un débat organisé par Celia. Claude Souday est convié par le groupe laitier à expliquer les grandes lignes de la réforme de la PAC et les options à réfléchir. Par contre, dès le début de ce débat, le président du groupement de producteurs Léandre Georget énonce clairement que Celia ne veut prendre position ni sur la PAC ni sur le prix du lait, car « il y a un comité de suivi du prix du lait le 22 janvier. On laisse à nos instances supérieures le soin de trouver un accord sur la bonne rémunération du lait ». Le syndicat FDSEA, lui, compte bien mener des actions sur le terrain mayennais : il prévoit des manifestations ce vendredi 16 janvier et compte les répéter si l’accord obtenu ne lui convient pas.
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FRSEAO : « Non à la mutualisation des droits »

Pour « faire au mieux avec la PAC », les représentants de la FRSEAO proposent de :
- attribuer toute l’aide laitière selon le quota, « car c’est une compensation de la baisse de prix que tout le monde va subir ». Ainsi, la FRSEAO demande que l’enveloppe de flexibilité nationale, qui gère une portion de l’aide laitière, soit elle aussi distribuée selon la référence que détient l’éleveur.
- mettre en œuvre rapidement le découplage total « et peut-être même dès 2005 car plus on va retarder, plus on aura une période d’incertitude par rapport aux installations, aux évolutions structurelles, etc. ». Cependant, ils y mettent une condition, « que le découplage en lait se fasse en même temps que les autres productions ». Dans la crainte que le secteur laitier soit investi par d’autres ? Non, répond Marcel Denieul, car les quotas protégeront le secteur. Le président de la FRSEAO se dit plutôt soucieux de « cohérence ».
- savoir rapidement comment seront gérés les droits à primes. Les délégués veulent limiter leur caractère marchand en leur attribuant une valeur, « la plus faible possible », et en gérant leur transfert au sein d’une zone géographique, « la région ou, mieux, le département », précise Marcel Denieul, « sans doute à l’image de la gestion des quotas ».
- se baser sur la référence historique. « Nous voulons que ces droits soient basés sur l’historique de chaque exploitation car, dans l’immense majorité des cas, les exploitations laitières ont, par rapport à la moyenne, des droits à paiements par hectare supérieurs mais des surfaces inférieures. Si on instaurait une prime unique à l’hectare, les laitiers seraient en général perdants alors que la réforme laitière sera très douloureuse ». Mais les effets de cette PAC dépendront de la « tenue des marchés », et des prix payés aux producteurs qui en découleront.
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Celia : « Nous entrons dans une nouvelle ère »

Ce lundi à Craon, Claude Souday, représentant de la FNSEA, a beau replacer la réforme laitière dans le cours de l’histoire agricole européenne, il n’est pas à même de répondre à toutes les inquiétudes des éleveurs réunis par Celia. « Nous entrons dans une nouvelle ère », résume le mayennais Léandre Georget. Brefs échos des échanges avec les éleveurs.

n Quel sera notre revenu ? « Avec la réforme, la pression du marché sera plus forte, alors que ce marché aura une volatilité accrue : si le découplage est total, on peut choisir une production d’une année à l’autre ».

n La France va-t-elle recoupler ? Le découplage, total en lait, peut n’être que partiel pour les primes cultures, bovines et ovines : une partie de ces primes resterait conditionné à un acte de production. « Même si l’Etat français n’a pas encore dévoilé ses options, il semble douteux qu’il n’utilise pas cette possibilité qu’il avait réclamé lors des négociations de l’accord européen… »

n La référence historique n’est-elle pas injuste pour ceux qui n’ont pas fait le plein de primes parce qu’un système herbe convenait bien chez eux ?
L’accord de Luxembourg laisse la possibilité aux Etats de baser la référence de droits à primes soit sur les montants touchés dans le passé par chaque exploitant (moyenne 2000 à 2002, hormis pour l’aide laitière, basée sur le quota) soit sur les montants touchés au sein d’une « région » (administrative ou agricole, ou départementale..). Les montants seraient alors « mutualisés »… mais le syndicat majoritaire est défavorable à cette mutualisation. Tant pis pour ceux pénalisés par leurs choix individuels, même si ceux-ci sont en phase avec la demande de la société. « Vous êtes dans la même situation que ceux qui avaient mis la pédale douce sur la production laitière juste avant les quotas », répond Claude Souday. Reste, pour ces éleveurs, l’espoir de récupérer quelque chose par l’enveloppe pour le développement rural ou par la réserve nationale de droits.

n Les droits à primes sont établis sur une moyenne d’aides 2000-2001-2002. Que se passe-t-il en cas de cessation, installation, reprise de foncier durant ou hors de cette période ?
Claude Souday ne sait pas vraiment : c’est un grand sujet de discussion… Tout comme la manière dont seront gérés les transferts de droits. Y-aura-t-il des prélèvements vers une réserve nationale ? Cependant, « si, propriétaire-exploitant, vous transférez aujourd’hui des terres, vous pouvez prévoir dans l’acte le transfert de droits à primes. Sauf que vous ne savez pas quel sera le montant du droit, du fait d’éventuels prélèvements sur transfert ».
n Comment seront gérés ces droits par rapport aux quotas ?
« Droit à paiement et droit à produire ne seront plus liés dès lors que le secteur laitier entrera dans le découplage total (2007 au plus tard). Vos aides laitières seront incorporées dans le paiement unique à l’exploitation. Vous n’avez plus besoin de produire du lait. Si vous ne produisez plus, votre quota devient mort au bout de deux ans. Mais si vous conservez tout le foncier, vous conservez tous les droits ». Car pour faire valoir des droits, il faut présenter un nombre d’hectares équivalent.
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Prix : « péréquation et restructuration »

Le 22 janvier se tiendra une table-ronde interprofessionnelle pour définir le prix du lait. L’ambiance risque de bouillir : confrontés sur l’export à des difficultés actuelles et à venir (avec moins d’intervention européenne), certains industriels pousseront sans doute à la baisse des prix, ce que les représentants des producteurs s’engagent auprès de leurs troupes à éviter. Ils disent ainsi haut et fort que le versement de l’aide laitière fin 2004 ne doit pas cautionner une baisse anticipée du prix producteur. Mais que vaudra l’accord interprofessionnel si les marchés ne se tiennent pas, autrement dit si les entreprises en difficulté sur l’export se reportent sur le marché des produits de grande consommation et l’engorgent ? « A court terme, il faut maintenir la valorisation de ces PGC, sinon nous, producteurs, serons payés des queues de cerise » martèle Marcel Denieul, président de la section laitière de la FRSEAO. Les syndicalistes sont prêts à « mettre la pression » auprès des entreprises pour qu’elles s’organisent collectivement. Leurs mots d’ordre : « péréquation et restructuration ». Une « caisse de péréquation » permettrait une rémunération des entreprises plus tournées vers l’export, et leur donnerait le temps de retrouver des débouchés. Mais l’adaptation à la nouvelle donne de l’OCM passe clairement pour Marcel Denieul par une « restructuration » de la transformation laitière, via des accords commerciaux mais aussi de fusions, « qui pourraient, sinon, se faire de manière sauvage ». « Nous avons besoin d’entreprises avec un mix-produit plus équilibré », clame le syndicaliste. « Si on n’y prend pas garde, on pourra vivre un jour dans le lait ce qu’on vit dans le porc ».

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