• Suivez-nous :

accueil
Actualité-Politique > France > “On avait un mouvement social. Il faut le réinventer”
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

France - 15-05-2015 - Rémi Hagel

“On avait un mouvement social. Il faut le réinventer”

DECRYPTAGE /

Au-delà des stratégies économiques, pour les coopératives, des enjeux se jouent des questions humaines et philosophiques, analyse Hubert Bonin, professeur à Sciences Po Bordeaux.

“Doit-on transférer l’esprit mutualiste coopératif ? Je pense que c’est l’enjeu de la prochaine décennie” estime Hubert Bonin.

“Doit-on transférer l’esprit mutualiste coopératif ? Je pense que c’est l’enjeu de la prochaine décennie” estime Hubert Bonin.


"Les agriculteurs Français sont encore mal dans leur peau et un peu schizophrènes. Ils font le grand écart entre l’esprit de coopérateur et celui d’entrepreneur (‘j’aimerais gagner plus’). C’est encore un passage délicat”. Ce tiraillement se retrouve à l’échelle des structures coopératives.Les importantes évolutions de la dernière décennie se sont accompagnées d’un “effilochement de la culture d’entreprise historique”, portée par un esprit démocrate-chrétien, protestant, voire socialiste. “La notion d’engagement culturel, utopique, a cédé la place à un engagement de survie, au nom de la marge de profitabilité, de l’augmentation de la capacité d’autofinancement, dans un contexte d’incertitudes sur les prix. La notion manageriale l’a emporté. La coopérative de terroir est remise en cause par la dimension pluri-régionale”, constate Hubert Bonin. “Le mode de gouvernance est soumis au doute puisqu’on a délégué le pouvoir à un agent (c’est-à-dire un manager), ce qui éloigne les décisions.”

Ces changements posent la question de la transparence. Ces structures multiplient les filiales, les rachats, etc. C’est moins lisible. Spanghero était une filiale de la coopérative Lur Berri au moment de l’affaire de la viande de cheval : les coopératives sont-elles porteuses d’une philosophie de transparence et de qualité ou sont-elles entrées dans le jeu de la fraude ?


Mutualisme international ?


Ces coopératives ont grossi, elles sont devenues multi-activités, elles gèrent leur groupe comme leurs concurrents de l’agrobusiness. “Quel rapport entre les salariés et les coopérateurs ? De nombreuses usines ayant connu des grèves de salariés appartiennent à des groupes coopératifs. Les coopératives n’ont pas théorisé là-dessus.”


De même, “comment être un groupe coopératif en France comme à l’international ? Tereos au Brésil adopte une attitude capitaliste. Il y a un double langage. Doit-on transférer l’esprit mutualiste coopératif ? Je pense que c’est l’enjeu de la prochaine décennie. Au Brésil, les racines culturelles et religieuses pourraient le permettre. Pour l’instant, cela n’a pas été réfléchi. C’est une impasse, c’est inquiétant.


Suite aux scandales, certaines coopératives affirment leurs valeurs, du moins sur leurs sites internet. Mais n’est-ce qu’un simple affichage ? “On ne sent pas un élan général”regrette Hubert Bonin. Il plaide pour la mise en route “d’un grand mouvement fédérateur, un congrès, aboutissant à une charte politique. On avait un mouvement social, il faut le réinventer”.


Rémi Hagel


Pour en savoir plus

www.hubertbonin.com



Signaler un abus

Catégories : Coopératives

Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services