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Grandes cultures - 08-05-2015

Le strip-till offre de nouvelles perspectives en tournesol

IMPLANTATION//// Face aux échecs des techniques simplifiées pour implanter le tournesol, le Cetiom a conduit des expérimentations pour évaluer le strip-till. Sur sol nu, la technique donne satisfaction. Derrière un couvert végétal, les résultats sont plus mitigés.

En technique simplifiée, le premier problème en culture de tournesol est de réussir le peuplement”, explique Franck Duroueix du Cetiom. En Midi-Pyrénées, le suivi des parcelles en techniques simplifiées hors strip-till (c'est-à-dire en semis direct, en non-labour très superficiel < 5 cm et en non-labour superficiel 5-15 cm), réalisé entre 2008 et 2012, a montré des résultats globalement insuffisants. “ Les densités à la levée sont irrégulières et trop faibles, de 65 à 70 % de levée”. Avec pour conséquences, une baisse de rendement et une perte de la teneur en huile dès que le peuplement est inférieur à 50 000 pieds/ha. Les facteurs d'échecs sont nombreux. Ils sont liés au lit de semences (mauvais contact terre graine, amas de paille dans la raie de semis, manque de terre fine), aux conditions de semis (sol trop humide), aux défauts d'enracinement (compaction, lissage de surface) et à la grande sensibilité aux ravageurs (limaces noires, oiseaux, lapins). “ Ces techniques, surtout le semis direct, ne sont pas compatibles avec le tournesol à cause de ces problèmes de peuplement”, conclut l'ingénieur.

Le semis localisé sur
le rang, une solution ?

Le besoin de simplification du travail dans les exploitations a conduit le Cetiom à évaluer la technique du strip-till sur tournesol. “ C'est un compromis entre une implantation conventionnelle sur le rang, de type labour dont les résultats sont validés, et une absence de travail sur l'inter-rang de type semis direct qui agit en faveur de la conservation des sols.” Les essais conduits en 2012 et 2013 avaient pour objectif d'évaluer la technique et aussi la compatibilité avec les cipan pour répondre à la nouvelle directive nitrates. Trois itinéraires ont été comparés : le labour d'hiver, le strip-till passé au mois d'octobre, et le non-labour, avec un décompacteur à dents Michel passé également en octobre. Ces trois techniques ont été testées sur deux modalités : dans un cipan moutarde vesce semé fin août et sur sol nu. Le semis de tournesol a été réalisé début mai à haute densité, 79 500 graines/ha.

Dans le couvert végétal, “ quelle que soit la technique, les levées ont été catastrophiques, de 38 à 48 %”. En cause, la forte activité des limaces, favorisées par le cipan. Sur sol nu, “ on peut dire que les taux de levée sont équivalents pour tous les itinéraires, 60 à 70 %”.

Concernant la récolte, sur les modalités sans couvert, “ les rendements derrière strip-till sont légèrement en dessous, 33 q/ha contre 35, sans doute pénalisés par un travail du sol moins profond”. La profondeur du travail de la dent paraît donc déterminante, “ 15 cm au minimum”. Dans les modalités avec cipan, le rendement en mode strip-till, “ s'effondre à 29 q/ha à cause d'un peuplement beaucoup trop faible, 30 400 plantes/ha”, alors que les deux autres techniques se défendent mieux, avec des rendements proches (33 et 35 q/ha). Franck Duroueix en conclut que l'utilisation du strip-till peut être compatible avec l'implantation d'un cipan à condition de gérer les limaces pour limiter les pertes à la levée. Et que la technique du non-labour (dents
Michel) est intéressante sur cipan installée.

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