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Bovins lait - 17-04-2015 - Rémi Hagel

Des contrats seront cessibles chez Lactalis

LAIT

Ce sont deux acteurs majeurs du lait en Mayenne : Jean-Michel Yvard, président de l'OP Grand-Ouest de Lactalis (OPLGO), et Patrice Guilloux, directeur-adjoint des approvisionnements en lait du groupe Lactalis. Devant des étudiants, ils ont dressé un état des lieux.

Au lycée agricole de Laval, le producteur Jean-Michel Yvard et l'industriel Patrice Guilloux ont présenté la situation laitière du moment, notamment des contrats.

Au lycée agricole de Laval, le producteur Jean-Michel Yvard et l'industriel Patrice Guilloux ont présenté la situation laitière du moment, notamment des contrats.


Avec la fin des quotas, les mécanismes de la filière laitière se modifient, et vont continuer d'évoluer. “Ce qui est dit aujourd'hui ne sera peut-être pas vrai demain” prévient Patrice Guilloux. Les contrats-cadres définissant les modalités de transfert sont en discussion.

Les producteurs divisés


Même si Lactalis est présent sur tout le territoire français, il ne peut pas mener une politique uniforme. “On a des diversités régionales fortes, des divergences d'opinions, et d'organisations” témoigne Patrice Guilloux. “Les organisations de producteurs horizontales (ou transversales : FMB) posent problème en termes de relations. Lactalis n'a pas à discuter avec des agriculteurs livrant d'autres entreprises.”


Gérer les OP verticales, liées à l'entreprise, n'est pas simple non plus. Il existe 17 OP Lactalis, regroupant un tiers des producteurs. Dans l'Ouest, deux OP principales existent : l'APLBL et l'OPLGO. “Pourquoi ne vous êtes-vous pas unis pour peser ?” demande un étudiant à Jean-Michel Yvard. Parce que les approches sont différentes. L'OPLGO est “favorable à la cessibilité des contrats. Ce sont des contrats individuels, qui laissent le choix au chef d'entreprise de prendre sa décision” . Ce n'est pas le cas de l'APLBL qui souhaite une organisation plus collective, où les volumes des cédants sont mutualisés dans une réserve, pour être redistribués. Patrice Guilloux ajoute : “L'OPLGO revendique un message de non-appartenance à une organisation syndicale. D'autres ne se sont pas émancipées de la tutelle syndicale” (l'APLBL en l'occurrence).


Vers une cessibilité partielle pour transmettre ?

“La cessibilité est le cœur du problème, le débat passionné qui occupe toutes nos conversations” explique Patrice Guilloux. Fin février, l'OPLGO et Lactalis se sont mis d'accord. Ils ont acté le principe de cessibilité automatique dans le cas d'une reprise d'exploitation à l'identique, par exemple d'un fils après ses parents. “C'est prévu dans l'article 9 du contrat.” En revanche, l'industriel se réserve le droit de donner son avis en cas de cession de gré à gré.


L'idée d'une cessibilité partielle est proposée par l'OP, mais reste en discussion. “Un agriculteur de 60 ans pourrait décider de céder partiellement, pour réduire son activité en attendant la retraite à 65 ans. J'ai 500 000 l, j'en garde 300 000 l. Cela donne de la souplesse et permet à un jeune de s'installer” détaille Jean-Michel Yvard. Cela assure une transmission progressive, et pour le jeune, une installation viable avant d'envisager une montée en puissance. Mais cela implique la divisibilité du contrat, juridiquement complexe à gérer ; d'où les négociations en cours.


Deux laiteries pour un Gaec


Que se passera-t-il lors de la constitution d'un Gaec par deux producteurs de laiteries différentes ? S'il s'agit d'une coop et d'un privé, il faudra choisir : “Le statut de coopérateur exige de livrer tout ou rien” explique Jean-Michel Yvard. S'il s'agit de deux privés, rien n'est encore acté. “Pour nous, l'utilisation du tank -propriété de Lactalis- est exclusive, mais il est probable que nous irons vers la non-exclusivité des livraisons” annonce l'industriel. On pourrait donc trouver deux tanks différents destinés à deux laiteries sur la même ferme (1).


De l'optimisme pour les jeunes


Patrice Guilloux et Jean-Michel Yvard intervenaient le 8 avril au lycée agricole de Laval, à l'initiative d'étudiants en BTS (1). Cette conjoncture en mouvement peut inquiéter ces futurs éleveurs. Au contraire, dédramatise Patrice Guilloux, “il y a de l'avenir dans la production laitière. Entre entreprise et producteurs, même si nos positions divergent, nos sorts sont liés”. Jean-Michel Yvard poursuit, encourageant les jeunes : “Les projets d'installation doivent être évolutifs et pas sur-dimensionnés. Le lait va se concentrer dans les régions où il est le plus facile à produire(c'est-à-dire ici). Le coût de production est de 20 euros plus élevé en Poitou-Charentes que chez nous, parce qu'il pleut moins. Là où il y a déprise, l'avenir se trouvera dans les filières en appellations d'origine.”


Rémi Hagel


(1) Cette disposition a aussi été actée dans le groupe Bongrain.

(2) Alexandre Béasse, Willy Goupil, Melinda Liot et Guillaume Bédier.


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