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France - 13-03-2015

“Je ne redoute pas l’internationalisation 
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“Je ne redoute pas l’internationalisation 
de l’agriculture” Vincent Chatellier, économiste de l’Inra, directeur du Laboratoire d’études et de recherches économiques. Il a donné une conférence énergique comme à son habitude, à l’occasion de l’assemblée générale de JA53 le 5 mars. Ceux qui disent 'Arrêtez de manger de la viande' me font marrer. Les gens ont faim dans le monde ! J’ai acheté un sandwich à Cossé-le-Vivien : il n’y avait que des petits vieux à la boulangerie. Mais la France n’est pas le monde, le monde n’est pas vieux. La médiane, c’est 29 ans. Ne raisonnez plus en terme de pays, mais de mégalopoles : il y a plus d’habitants à Lagos qu’aux Pays-Bas. Ces villes sont près de la mer, cela va permettre l’internationalisation de l’agriculture. Lactalis réalise les trois quarts de son chiffre d’affaires à l’étranger ? C’est très bien ! La croissance à venir se fera dans les pays non-européens. Ce n’est pas aux Pays-Bas que vous allez vendre du lait, ils sont déjà saturés. En Algérie, ils consomment 1,5 fois la moyenne mondiale, et là-bas, c’est plus difficile à produire. La balance commerciale de la France avec l’UE va décliner, mais va augmenter avec le reste du monde. Je ne redoute pas l’internationalisation de l’agriculture. En dix ans, le monde aura besoin de +15 % de porc, +15 % de viande bovine et +27 % de volailles.” Pour autant, Vincent Chatellier relativise : “L’agriculture de proximité a aussi beaucoup de vertus. Ayons de la tolérance sur toutes les formes de réussite. Les attentes, les marchés sont différents.” De même, nourrir la planète dépendra de multiples solutions : les échanges, le développement des agricultures locales, la limitation du gaspillage, des pertes de foncier, etc. “La vie n’est pas blanc ou noir. C’est gris.” Premier pays agricole d’Europe, la France a sa carte à jouer : “On en a sous le coude. On reste relativement extensif par rapport à d’autres pays, il n’y a pas tant de hors-sol et le litrage par SFP n’est pas si élevé. Les gens qui disent que l’agriculture pollue plus ne savent pas de quoi ils parlent : on a divisé par deux le nombre de vaches laitières depuis 1984.”

Arrêter de se plaindre

Cela dit, le contexte des filières peut inquiéter. Mais il appelle à se remonter les manches : “Arrêtez de dire que si on ne s’en sort pas, c’est que les autres ont moins de normes. OK parfois c’est vrai, mais pas sur toutes les normes. C’est comme un gamin qui prend des gnons à l’école en disant ‘C’est pas juste’. Faut que t’apprennes à te battre. Il faut structurer vos rapports avec l’aval, vous êtes condamnés à avoir des stratégies partagées.” Sur l’exploitation, on doit envisager des stratégies, avec trois enjeux : l’autonomie du système, la productivité du travail et l’optique de diversification ou de spécialisation. Pour lui, “les économies d’échelle n’existent que sur les coûts fixes, pas sur les coûts intermédiaires. Quand vous investissez, il ne faut pas vous louper, il faut que cela engendre de la création de valeur. Par exemple, arrêtez d’acheter des tracteurs pour défiscaliser. L’agriculteur veut des bourses pour ses gamins, mais ne veut pas payer d’impôt. Il faut payer des impôts. Trop de tracteurs ne cumulent pas 200 heures par an : ça sert à quoi ?”

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