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France - 13-03-2015

Faut-il avoir peur de la “révolution numérique” en agriculture ?

Technologies//// Le numérique était l’un des thèmes abordés lors des Entretiens de l’AEI à Angers consacré aux “transitions”, les 4 et 5 mars. Les bouleversements sont nombreux, à commencer par la gestion de la masse des données qui intéresse particulièrement les firmes. De quoi inquiéter la profession agricole.

Qu’on se le dise, “le numérique n’est pas une nouvelle technologie, c’est une révolution”. C’est en tout cas le point de vue d’Hervé Pillaud, secrétaire général de la chambre d’agriculture de Vendée et passionné par les nouvelles technologies. Le numérique va envahir toute l’agriculture et lui permettre de passer dans une nouvelle ère. La “révolution” a déjà commencé. Hervé Pillaud garde un souvenir ému d’un voyage en Israël en juin 2014 : “J’ai vu dans une ferme de 1 000 vaches des gens capables de soigner des mammites sans antibiotiques parce qu’ils sont capables de les détecter très rapidement grâce aux capteurs.” Des capteurs qui pourraient bien être partout, dans les années à venir. Partout dans le corps des animaux, mais pas seulement. “Ils permettront d’améliorer à la fois la rentabilité et l’usage des médicaments”, se réjouit Hervé Pillaud. Pour les cultures, il existe déjà des mini-robots capables de manger des limaces pour s’alimenter en énergie. “Demain, on pourra remplacer des pesticides grâce à la robotique ! se réjouit celui qui se définit comme un “ageekulteur”.

“Lely détient une quantité phénoménale de données”

Mais si le numérique s’annonce comme une révolution, c’est surtout parce qu’il permettra “de passer d’une agriculture utilisatrice d’intrants à une agriculture utilisatrice de connaissances”. Il ne s’agirait pas là que d’un slogan. Derrière ces mots, il faut comprendre la gestion des données que cela sous-tend. Le fameux “big data”. Tous les appareils numériques enregistrent des données, plus ou moins complexes, qui peuvent ensuite être envoyées, croisées. Les géants Google, Apple, Facebook et Amazon (“Gafa”) exploitent ces données depuis déjà bien longtemps, et les monnayent pour cibler leurs ventes. En agriculture, les données peuvent concerner la météo, le climat, le rendement des cultures et des sols, la production des vaches etc. “Grâce aux données, on domptera mieux la nature”, pense Hervé Pillaud. Pratique en effet pour anticiper certains risques. On imagine volontiers l’intérêt pour une compagnie d’assurances de posséder des données précises sur les risques climatiques ultra-localisés par exemple.

D’autres industriels ont déjà commencé à engranger des données pour devenir incontournables. “Lely, qui est celui qui a vendu le plus de robots de traite, détient une quantité phénoménale de données sur les performances des vaches laitières, raconte Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Quand il vend ses robots, il demande à l’agriculteur de lui céder ses données et de fil en aiguille, la capitalisation change de mains”.

Garder la maîtrise des données collectées

Toutes ces données très précises prennent une valeur considérable quand elles sont exploitées et croisées. Et c’est là que pointe le risque, celui de devenir dépendant des firmes, qui se rendraient incontournables grâce à la somme de connaissances qu’elles auraient engrangées. “Monsanto, John Deere, Lely et Delaval sont les Gafa de l’agriculture ! s’alarme Hervé Pillaud. “Ce phénomène générateur d’une masse considérable de données va aller en s’amplifiant, nous devrons garder la maîtrise de ces données pour pouvoir garder la maîtrise de nos entreprises.” Bref, il y a urgence que l’agriculture s’empare du sujet. “Nos entreprises sont trop petites pour pouvoir l’appréhender individuellement, c’est donc de la responsabilité des organisations professionnelles”, propose Hervé Pillaud qui souhaite la mise en place d’une “plateforme” qui pourrait être ouverte à toutes les initiatives. “Si on ne le fait pas, Monsanto, John Deere, Lely et DeLaval le feront, et s’ils s’associent pour partager les données ce sera redoutable.” Bigre.

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