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France - 13-02-2015

Engraissement : plusieurs ateliers de grande taille émergent

Filière bovine////Même si la majorité des nouveaux projets d’engraissement de jeunes bovins concernent des ateliers de 150 à 300 places, plusieurs projets de grande taille, entre 1000 et 2000 places, voient actuellement le jour en France. Deux collectifs et l’autre, individuel. Dans la Creuse, le projet collectif de La Courtine est contesté par une association militant contre l’abattage rituel, qui a rassemblé environ 300 personnes, le 31 janvier lors d’une manifestation dans la commune.

Trois projets d’ateliers d’engraissements de grande taille, entre 1 000 et 2 000 places voient actuellement le jour en France, dans plusieurs régions. Ils sont en cours de construction, ou seulement à l’état du dépôt de permis de construire. Deux sont collectifs, l’autre est individuel. Le plus imposant par sa taille et le plus proche de son aboutissement est situé dans l’Aube. Il est l’œuvre d’un groupement de producteurs d’ovins et de bovins (Cyalin), qui se prépare à investir 3 millions d’euros dans un atelier de 2 145 places d’engraissement, qui pourrait produire environs 3 000 taurillons chaque année, des charolais principalement. Le début des travaux est prévu pour 2015, et les premiers animaux doivent arriver en automne, sans soulever de contestation locale. Plus au sud, en région Limousin, un autre projet collectif, porté par une cinquantaine d’éleveurs, voit le jour sur les friches d’un site militaire désaffecté. Celui-ci aura une capacité de 1 000 places, et pourrait produire 1 400 jeunes bovins chaque année. Théoriquement les premiers animaux doivent arriver au printemps. Mais ce dossier est plus ardu, car si l’enquête publique, terminée en 2012, n’avait déclenché aucune fronde, une association militant contre l’abattage rituel organise depuis quelques mois l’opposition contre ce projet, celle-là même qui avait contesté et finalement empêché l’implantation dans le département d’un abattoir spécialisé dans la viande halal.

Contestations locales

Cette association, l’OEDA (Oui à l’étourdissement dans les abattoirs) a rassemblé près de 300 personnes, selon l’AFP, lors d’une manifestation à La Courtine, le 31 janvier. En Poitou-Charentes, un autre projet de grande taille est dans les cartons, porté individuellement par Pierre Liot, éleveur (300-400 places d’engraissement) et entrepreneur (fabrication d’aliments) dans la région. Il vient de déposer une demande de permis de construire pour un atelier d’une capacité de 1000 places, également adossé à la production d’énergie photovoltaïque. Dans son édition du 31 janvier, le quotidien régional Centre presse rapporte déjà les inquiétudes des riverains, portées par une association qui militait auparavant contre les nuisances d’une décharge présente sur le même site et aujourd’hui détruite. “On s’inquiète de la taille”, témoigne le président de l’association. “Il va créer des nuisances, les jus, les composts, les odeurs”, Le maire a pour l’heure donné un avis défavorable à la demande de permis. Et aucune enquête publique n’a encore débuté.

Un effet 1 000 vaches

Les grands projets d’engraissement de broutards sont-ils touchés par la vague de contestation qu’a suscité le projet laitier des 1 000 vaches dans la Somme ? “Il y a actuellement une cristallisation particulière liée à la mobilisation des 1 000 vaches qui a accentué les questionnements sur les grandes exploitations, mais il y a également plus de fermes qui regroupent plusieurs centaines de bovins”, constate Anne-Charlotte Dockès, chef du département sociologie de l’élevage, ingénierie de projets à l’Institut de l’élevage. “Il y avait jusqu’ici très peu de contestations locales. Les éleveurs de bovins sont généralement très bien intégrés dans leur voisinage. Il commence à apparaître un petit nombre de cristallisations locales, liées à des ICPE et à l’affaire des 1 000 vaches”. Pour le directeur de la Confédération nationale de l’élevage (CNE), Claude Allo, la contestation d’OEDA à la Courtine est singulière, à mettre en marge du débat sur la taille des exploitations : “Ils s’opposent aux conditions d’abattage”, estime-t-il. Pour lui, la taille des ateliers d’engraissement n’est d’ailleurs pas une complète nouveauté. “Les ateliers de grande taille existaient déjà, il y a une trentaine d’années, mais ils ont depuis disparu”, commente-t-il. S’ils réapparaissent aujourd’hui – lui-même en connaîtrait deux de cette taille déjà en fonctionnement dans le Limousin – c’est pour des raisons économiques, principalement celle de consolider les filières de valorisation des broutards mises à mal par la perte de vitesse de leur principal débouché, les engraisseurs italiens. “Mais l’essentiel des projets, rappelle Claude Allo, ce sont des ateliers de 150 à 300 places”.

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