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Grandes cultures - 31-12-2014

Méconnu, le sorgho peine à séduire
les fabricants d’aliment

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Le sorgho pourrait connaître une hausse des surfaces “à deux chiffres” l’an prochain, d’après Semences de Provence, le leader avec 60 % de parts de marché pour cette espèce. “Par sa rusticité, son faible besoin d’intrants et sa facilité de conduite, le sorgho séduit de plus en plus d’agriculteurs”, explique la filiale du groupe coopératif Arterris. Autres arguments, “des variétés toujours mieux adaptées aux conditions pédo-climatiques françaises et la meilleure maîtrise de la culture par les agriculteurs, y compris en dérobé”. Pour appuyer ses affirmations, le semencier met en avant les retours de questionnaires adressés aux producteurs. Le sorgho en ressort comme une culture assez facile à mener, avec peu de ravageurs, de maladies. Le gros point délicat, c’est le désherbage : 55 % des 239 sondés jugent ce passage “facile”, mais 5 % “très difficile”. Accessible, cette culture semble néanmoins requérir une certaine exigence technique. “Il reste à lever des blocages au développement des surfaces ; sur le plan du désherbage, pour les agriculteurs, ou de la mise en marché, côté fabricants d’aliments”, reconnaît Denis Villenave, le directeur de Semences de Provence.

Une mauvaise image, notamment dans l’Ouest

Le sorgho est désavantagé par des disponibilités trop faibles. “Quand on interroge les fabricants d’aliment du bétail, ils trouvent la matière première intéressante d’un point de vue composition, mais regrettent le manque de volumes”, souligne Jean-Luc Verdier, spécialiste d’Arvalis.

Un autre handicap vient de sa mauvaise image. “Le sorgho est méconnu des services achat et formulation, relève le courtier Marc Berger. Il est suspecté de renfermer des tanins, notamment par les fabricants en Bretagne et Pays-de-la-Loire. Autre reproche, sa variabilité génétique. Résultat, le produit est sous-
valorisé.”

Cette réputation est infondée, rétorque Denis Villenave. “Le tanin est un critère d’exclusion pour l’inscription de la variété au catalogue français et européen. 100 % de la récolte en sont exempts.”

La hausse des surfaces en sorgho risque aussi de se heurter au probable grignotage de la sole en cultures de printemps par le blé dur, dont la pénurie actuelle entraîne une flambée des cours.

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