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Pays de la Loire - 12-12-2014

Août 1914 : “A ceux qui restent” : “C

Août 1914 : “A ceux qui restent” : “Ce n’est pas sans difficulté que nous avons pu faire imprimer les lignes qui suivent, lesquelles d’ailleurs, ne seront peut-être même pas lues par ceux de nos campagnes, faute de temps.” “Pour faire face aux besoins, les droits de douane sont supprimés pour les blés, épeautres et méteils, de même que sur les farines, sur les orges, les avoines, ainsi que sur les légumes secs, la pomme de terre et les viandes fraîches, salées ou frigorifiées.” On interdit la sortie ou réexportation de bestiaux, aliments, fourrages, engins, etc. Le préfet a adressé une circulaire aux maires, pour leur demander de solliciter les hommes non mobilisés, pour aider à la moisson. Ils peuvent être “mis à la disposition des propriétaires ou des fermiers qui en auraient absolument besoin. On ne peut admettre que, par suite d’un manque d’organisation, on laisse perdre la récolte à un moment où son utilisation se fait particulièrement sentir”. Une centaine de marins ont été mis à disposition pour former des équipes de battage : “Ces hommes sont des travailleurs très consciencieux.” Les communes manquent de boulangers. Les maires doivent trouver des remplaçants parmi les anciens ouvriers boulangers. “A défaut, vous vous adresserez aux femmes qui, dans les campagnes, ont l’habitude de ce genre de travail.”

Septembre : planter du blé

“La réquisition des chevaux aptes aux différents services de l’armée a désemparé certaines fermes (7 150 chevaux ont été pris sur une population évaluée de 87 000)”. Le travail de moisson a pu se faire toutefois. “Il semble que le plus gros écueil sera dû au défaut de mains, au manque de laboureurs ou de conducteurs d’attelages, surtout lorsque les nouvelles recrues seront mobilisées. Il y a donc lieu de hâter les labours.”

Si de nos jours, on s’inquiète de la céréalisation des terres, le conseil urgent de l’époque est de consacrer au blé “la plus grande étendue possible”, afin de contribuer “à atténuer le déficit presque mondial qui se produira probablement en 1915”.

Les circulaires préfectorales se multiplient, “publiées à son de tambour dans les communes”. “Des courtiers en bestiaux parcourent les campagnes et se présentent chez les cultivateurs en déclarant avoir reçu mandat d’acquérir ou de réquisitionner des bestiaux pour le service de l’Intendance. Ils usent de ce procédé plus spécialement chez les fermières restées seules”. Ces escrocs se livrent “à des manœuvres que je m’abstiens de qualifier. En dehors des membres des Commissions de ravitaillement, personne n’est chargé de faire des achats de ce genre”.

Les cours pâtissent de la guerre. “Le nivellement des prix (du blé) entre les pays producteurs, comme la Mayenne, et les pays de pâturages, comme la Normandie, n’a pu s’établir en raison de la pénurie des moyens de transport. C’est ainsi que nous avons le regret de voir descendre à 23 F. le quintal et au-dessous, alors que dans les départements voisins, ils oscillaient entre 24,50 F. et 28 F.”

Novembre : solidarités

Le bulletin d’octobre n’est pas paru. Des collaborateurs du journal sont mobilisés. “La charge du service nous oblige à réduire momentanément l’importance de notre bulletin.”

Le syndicat des agriculteurs de la Mayenne a voté une somme de mille francs destinée à acheter des lainages pour les soldats. Le temps extrêmement favorable a permis, malgré le défaut de main-d’œuvre et la pénurie de chevaux, d’effectuer les semailles d’une façon presque normale. Le bulletin souligne “l’entente admirable toute de fraternité et de courageuse solidarité. Combien de fois avons-nous vu la charrue du voisin retourner le champ de la pauvre mère de famille”.

Sur le blé, le préfet a été entendu : il ressort que “l’emblavure de cette année dépasse la moyenne”. Toutefois, “la plupart des localités ont manqué de sulfate de cuivre. De même, les fumures naturelles n’ont pas été suffisantes et l’emploi des engrais chimiques à peu près nul”.

Décembre : l’espoir entretenu

“Les travaux agricoles ont été exécutés mieux qu’on n’osait l’espérer”. L’armée devient un acteur de marché, déstabilisateur : “Il serait à souhaiter que l’armée nous demandât des porcs ; il en avait été préparé à cette intention, aussi les cours se sont-ils effondrés en présence du défaut des demandes.”

A la veille de la nouvelle année, “que va-t-il advenir de la prochaine campagne agricole”, avec peu d’argent et de main-d’œuvre ? Ces difficultés ne sont pas insurmontables “du moment où le succès de nos armées est assuré”. Le journal “voit poindre à l’horizon l’aube de la victoire”. Un message d’espoir qui sera vite déçu.

centenaire //// Il a beaucoup été écrit au sujet de la Grande Guerre, mais pas tant sur la vie à l’arrière du front, et encore moins sur l’économie agricole. Le Bulletin du syndicat des agriculteurs de la Mayenne, ancêtre de l’Avenir agricole, apporte cet éclairage. Extraits d’archives...

“A défaut, vous vous adresserez aux femmes qui, dans les campagnes, ont l’habitude de ce genre de travail”

L’agriculture en guerre dans le journal en 1914

Le club cartophile

Ces deux cartes postales témoignent des travaux agricoles des campagnes mayennaises à la veille de la Première guerre mondiale : à Saint-Georges-Buttavent (ci-contre) et à Juvigné (ci-dessus). Cette dernière a été envoyée en 1913 (d’après le cachet de la Poste). L’autre serait de la même époque. Il en existe très peu de la période de la guerre, à cause de la guerre précisément.

Ces cartes proviennent de la collection de Jean-Yves Launat, président du Club cartophile de La Vallée et de la Mayenne. Tout collectionneur, ou passionné d’histoire, peut prendre contact avec l’association, qui se réunit deux dimanches par mois : 02 43 56 96 56.

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