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Mayenne - 14-11-2014 - Frédéric Gérard

Le test tuberculose, pas assez cher ?

SANITAIRE

Alors qu'une deuxième campagne de tuberculination doit démarrer, soit deux mois plus tôt que l'an dernier, certains vétérinaires refusent de pratiquer ces actes en Mayenne, estimant que les tarifs sont trop bas. L'Etat espère un compromis entre les vétérinaires et le GDS, cible privilégiée des praticiens libéraux.


"Si rien ne bouge, on fait grève, sauf en Sarthe” de la prophylaxie de la tuberculose bovine. Les vétérinaires n'acceptent pas l'arrêté préfectoral établissant le nouveau dispositif. A l'automne 2013, le sujet avait déjà animé les cantons concernés [lire encadré]. L'objectif était le même qu'aujourd'hui : maintenir le territoire national “indemne de tuberculose bovine” aux yeux des services sanitaires européens afin de garantir les marchés extérieurs. Le point de discorde aussi, était le même : “Notre rémunération”, résume Philippe Grunwald, associé de la clinique vétérinaire du Montaigu, à Evron, qui a réalisé 11 000 des 19 000 intradermotuberculisations.

L'an dernier, les vétérinaires réclamaient l'IDC, “plus sûre et plus rapide”. L'Etat a tranché pour l'IDS couplé à un protocole expérimental (IFN), qu'il a financé à 100 %. Cette année, les vétérinaires ont été entendus, l'IDC a été retenue. “On s'est quitté sans souci, les réunions se sont passées sereinement, raconte Daniel Doyen, qui a représenté la chambre d'Agriculture en commission bipartite. Le seul point sur lequel on n'était pas d'accord, c'était la tarification. Mais je n'ai pas eu d'échos d'un mécontentement depuis”, soit mercredi soir.


La commission bipartite réunit quatre personnes, en présence de représentants de l'administration : deux praticiens, au titre du Syndicat et de l'Ordre des vétérinaires, et deux agriculteurs, au titre du GDS et de la chambre d'Agriculture. Lors des réunions bipartites en 2013, “la profession vétérinaire demandait une augmentation de 126 % de l'IDC et de 133 % de l'IDS et le doublement du nombre de visites”, rapporte le GDS. De l'avis de son président, Jean-Claude Béchu, “c'est paradoxal de réclamer une telle augmentation quand on voit le prix des bovins aujourd'hui”. “On ne pouvait cautionner un coût de 8 à 10 euros par animal pour les éleveurs, alors que les élevages allaitants comptent plus de 100 animaux”, relaie Florence Désillière, présidente de la Chambre. “Si le dispositif est mutualisé, ce sont quand même les éleveurs qui paient au final.”Le fonds de mutualisation du GDS débloque 100 000   euros ; l'IDC défini tel quel est de 6,45  euros par bovin.


L’Etat finance 60% de l’IDC


Contrairement aux négociations de 2013, l'Etat a d'ores et déjà annoncé augmenter sa participation pour prendre en charge 60 % de l'IDC. Mais les libéraux réclament encore une hausse de 24 %, ce qui ramènerait ce test à 8 euros par bovin. Les vétérinaires font valoir que leurs revendications tarifaires ont bien été entendues en Sarthe. “Ce n'est pas le même impact, note Jean-Claude Béchu : il n'y a que deux communes concernées”. Praticien d'Evron, Philippe Grunwald a fait ses calculs : pour un peu plus de 9 000  euros, son cabinet réalise des actes dans une cinquantaine d'élevages dans le cadre de la police sanitaire, et dans environ 200 dans le cadre de la prophylaxie. Réponse du GDS : “Un déplacement pour la police sanitaire peut ne concerner qu'un seul animal, il est donc mieux rémunéré. A l'inverse, la prophylaxie est organisée : les bovins sont alignés et les vétérinaires peuvent réaliser les actes plus vite, pour la tuberculose... Et pour vacciner aussi, en même temps.”

Pour Philippe Grunwald et ses confrères, “le blocage vient surtout de Jean-Claude Béchu”. Ainsi, “le préfet tranche toujours en son sens”. Idem, l'an dernier, le directeur de l'ex-DSV “n'a pas fait preuve d'autorité” face à lui pour déterminer le dispositif. “C'est quand même rabaisser les compétences et le choix de l'administration et du préfet”, relève Serge Gandon, vice-président du GDS. Le groupement rappelle que “la tuberculose est une maladie de première catégorie” et qu'à ce titre, “elle relève de l'Etat”. “L'Etat est garant du statut sanitaire départemental, il décide”, précise Gilles Fièvre, directeur de la DDCSPP.


De l'avance par rapport à 2013


En septembre, avant la signature de l'arrêté préfectoral, un accord semblait acquis. L'an dernier, l'arrêté avait été signé à Noël. Avec deux mois d'avance, Gilles Fièvre espère que la campagne de prophylaxie va démarrer. “L'an dernier, la campagne avait commencé tard, il avait fallu accélérer, avant la mise à l'herbe des animaux. Ce qui avait provoqué quelques difficultés sur la fin.” Ce qui a mené l'Etat à choisir l'IDC, cette fois.

On en oublierait presque l'essentiel : “Grâce au travail des éleveurs, des vétérinaires et des services de l'Etat,souligne le directeur de la DDCSPP, la Mayenne est indemne de tuberculose bovine”.


Frédéric Gérard



IDS : intradermotuberculination simple. Peut réagir à d’autres infections ; nécessite un retour du vétérinaire 42 jours après, les bovins qui réagissent sont isolés.

IDC : intradermotuberculination comparative (de tuberculines aviaires et bovines).

IFN : Interféron gamma. Test expérimental, facultatif en 2014-2015. Sauf en cas de réaction positive à l’IDC.

Cantons: Ceux d’Evron et de Sainte-Suzanne (excepté Vaiges et Saint-Pierre-sur-Erve) ainsi que les communes de Bannes et de Cossé-en-Champagne.

Périmètre : les cantons d’Evron et de Sainte-Suzanne (excepté Vaiges et Saint-Pierre-sur-Erve) ainsi que les communes de Bannes et de Cossé-en-Champagne, en Mayenne. En Sarthe, Saint-Denis-d’Orques et Viré-en-Champagne.


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Catégories : Sanitaire

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