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France - 07-11-2014

La grande déprime des paysans

Manifestation /// / Tous les trois ou quatre ans, la FNSEA appelle militants et sympathisants à descendre dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol, sur la base d'une plate-forme de revendications. Mercredi, de grands rassemblements ont eu lieu un peu partout en France.

Directives nitrates et extension des zones vulnérables, contraintes environnementales, réforme de la Pac, augmentation des charges administratives, bien-être animal, etc. Les paysans sont attaqués de toutes parts et ne supportent plus le regard que leur renvoie la société. Ils se sentent incompris voire même stigmatisés. La liste des actions syndicales, plus ou moins violentes, commises récemment par des agriculteurs est éloquente : du fumier déversé par la FNSEA et les JA devant des préfectures à Albi ou Reims, devant les permanences parlementaires des élus de Bourgogne, une MSA incendiée à Morlaix par des légumiers, une autre dégradée à Narbonne par des viticulteurs... “Le mal-être est dans toutes les campagnes, toutes filières confondues. Nous sommes la seule espèce en voie d'extinction classée nuisible”, réagit Florent Dornier, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs. “L'agriculture est stigmatisée par des cas qui ne sont pas représentatifs d'une profession, mais qui remettent en cause tous les producteurs.”

Le fossé se creuse avec les urbains

En l'espace d'un quart de siècle, le nombre de paysans a été divisé par deux et ils ne représentent plus que 2 % de la population. Les agriculteurs représentaient 37 % des maires en 1983, moins de 15 % en 2014. La dramatique affaire du barrage de Sivens, dans le Tarn, ajoute au fossé entre agriculteurs et urbains : une retenue d’eau devient un symbole qui jette l’opprobre sur tous les projets de stockage d’eau. Alors que c’est un enjeu majeur pour la production, et l’alimentation. Tous les syndicats s'y mettent. Ici, c'est la Confédération paysanne qui démonte la ferme des “1 000 vaches” et qui voit ses leaders condamnés en justice ; là, c'est la Coordination rurale qui bloque Agen.

Le ras-le-bol est donc bien là. Rien de bien nouveau, si ce n’est l’accumulation de ressentiments et une lente évolution qui se poursuit. “Combien d’agriculteurs vont pouvoir rembourser leurs emprunts cette année ? C'est ça qui fait que ça pète de partout. Ils ont besoin de crier leur détresse”, explique Jean-Pierre Royannez, président de la FRSEA Rhône-Alpes.

Le gouvernement est préoccupé

Partout en Fance, à l'appel de la FNSEA et des JA, de nombreux rassemblements se sont déroulés mercredi devant les préfectures. Les responsables syndicaux ont remis aux représentants de l'Etat les huit revendications et quelques-unes de leurs propositions pour sortir de la crise (lire page ci-contre). Le 7 octobre, les syndicats ont été reçus par Manuel Valls et le gouvernement s'est attaché aussitôt à déminer le terrain. Le Premier ministre a annoncé la mise en chantier immédiate d’un travail interministériel sur les thématiques de l’environnement, du travail, des relations commerciales ainsi que de l’innovation.

La semaine dernière, en qualifiant les opposants au barrage de Sivens de “djihadistes verts”, Xavier Beulin a galvanisé ses troupes, assurant leur cohésion contre l’ennemi écologiste. Au risque de choquer une partie de la société. La contestation syndicale musclée n’est pourtant pas la méthode du président de la FNSEA : fervent partisan de l’intégration de l’agriculture dans la vie économique du pays, il préfère exercer son influence dans la capitale. Mais ne peut pas prendre le risque de se faire dépasser par sa base.

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