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France - 07-11-2014

“L'administration freine des quatre fers pour la

“L'administration freine des quatre fers pour la régionalisation de la Pac” René Souchon, est président de la Région Auvergne. Il préside aussi la commission agriculture de l'Association des régions de France (ARF). Les Régions sont devenues l’autorité de gestion du second pilier de la Pac avec la dernière réforme. Quelle est leur autonomie par rapport au cadrage national ? Elle est assez faible, de l’ordre de 15 à 18 % du budget. Depuis le 1er janvier 2014, nous gérons par délégation la distribution des aides du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). La mise en œuvre n’est pas un long fleuve tranquille, les choses sont complexes. Tout est fait aujourd’hui par l’administration pour diminuer notre autonomie. Mais ce que nous souhaitions, c’est mettre le pied dans la porte : nous savions très bien que nous n’aurions pas une grosse autonomie, l’important sera de faire évoluer les choses pour après 2020. Comment s’articule la passation du pilotage vers les conseils régionaux ? Aujourd’hui, il y a des accords politiques entre le ministre et l’ARF, et une administration centrale et déconcentrée qui se sent dépouillée et qui freine des quatre fers pour ne pas les mettre en œuvre. Par exemple, il y a un accord pour transférer trois équivalents temps plein en moyenne des services de l’Etat aux Régions : en Auvergne, rien n’est fait, et nous ne sommes pas les seuls. Nous sommes obligés de recruter du personnel. Lorsqu’aucun personnel n’est transféré, il est prévu que l’Etat fasse des compensations financières : nous les réclamons, mais elles n’arrivent pas. Les régions ne se laisseront pas faire. J’ai écrit à Stéphane Le Foll pour lui dire ce qui n’allait pas. Nous allons régler ces problèmes, la volonté du ministre de l'Agriculture est très affirmée, et a fait l’objet d’un accord, qui doit maintenant être traduit dans les faits. Où en sont les programmes de développement rural ? Pour l’agriculture biologique, la Commission européenne aurait émis des critiques, selon la Fédération nationale de l'agriculture biologique... Ils sont notifiés à Bruxelles, aucun programme opérationnel n’est adopté pour l’instant, nous sommes dans le dialogue avec la Commission européenne. Sur le bio, la Fédération nationale de l’agriculture biologique a fait monter la pression. Je suis très favorable au bio, mais on ne peut pas consacrer tous les moyens au bio. Un intégrisme pareil, c’est problématique. Nous faisons aussi l’objet de pressions du syndicalisme majoritaire, sur le plan de modernisation d’élevage, etc. Si on écoute ces lobbys, on se contente de travailler sur un axe ou deux, et rien d’autre. Nous saurons résister et faire les choses dans l’intérêt collectif, même si nos marges de manœuvre sont extrêmement faibles. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne dialogue pas, au contraire ! Mais le syndicalisme agricole n’a jamais vraiment accepté d’avoir les régions comme interlocutrices. Par rapport à leur histoire, je peux le comprendre : c’est plus facile pour eux d’avoir un interlocuteur que vingt-deux.

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