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Pays de la Loire - 17-10-2014

“Il y a énormément d’accidents du travail en filière hippique” Les chevaux veulent vivre en groupe et dehors

ethologie

Les métiers du cheval sont des métiers passion, mais ce sont surtout des métiers à risque. “Il y a énormément d’accidents du travail en filière hippique”constate Marc Mouton, chiffres à l’appui : représentant 1,3 % des salariés agricoles, la filière est la source de 4,7 % des accidents avec arrêt de travail. Elle arrive juste derrière la filière bois. Pour cette dernière, on le comprend aisément parce que ces métiers font appel à des outils dangereux (tronçonneuses, etc.), sont effectués dans des conditions difficiles (terrain, météo, etc.). Pour le cheval, cela peut paraître plus surprenant. En fait, l’analyse révèle que les trois quarts des accidents sont liés à un contact direct avec le cheval (tandis que ce n’est qu’un tiers des cas en élevage bovin). “Si on veut diminuer les accidents, il faut s’occuper de la relation homme-animal” déduit le médecin. Pas simple car cela demande de se plonger dans l’éthologie, mais aussi dans la conception des bâtiments. Pour soigner le mal, il faut en connaître la cause, or la mission est immense. “L’analyse des causes est toujours très complexe. On a un individu, qui effectue une tâche, avec du matériel, dans un environnement : cela fonctionne jusqu’au jour où un caillou se glisse et provoque l’accident. Quand on demande qu’elle peut être la cause de l’accident, on nous répond souvent : “On travaille avec du vivant”, ou “C’est la fatalité”. Les salariés ne vont jamais plus loin. Dans la filière hippique, on ne cherche jamais à établir l’arbre des causes.” Il permet pourtant de se poser les bonnes questions : “Est-ce que la personne a suivi une formation initiale ? Quelle tâche effectuait-elle ? Selon quelle méthode ? Dans quel environnement ?”

Penché 500 fois par jour

Les autres problèmes de santé rencontrés dans les métiers du cheval sont liés aux actions répétées. “Sur 358 déclarations (sur la caisse Mayenne-Orne-Sarthe), 328 portent sur l’appareil locomoteur”, autrement dit pour des troubles musculosquelettiques, au premier rang desquels, les problèmes de dos. Viennent ensuite, dans une moindre mesure les troubles pulmonaires.

Manutention, vibrations, postures défavorables soumettent le dos à rude épreuve. “Une étude a montré qu’un salarié peut se pencher 500 fois dans la journée.” Pour pallier les risques, “il existe des petites solutions simples”. Par exemple, les portes des box possèdent un verrou en bas pour éviter que le cheval ne pousse et se coince la patte dans l’interstice : on peut monter un système qui ferme simultanément en deux points, haut et bas. Plutôt que de laver les outils dans un seau, en se penchant, il suffit d’installer un point d’eau avec un évier. C’est aussi une prise de conscience au quotidien : “Par exemple, curer un box sans que le cheval soit dedans, pour éviter un accident…”

Habituellement, dans la nature, les chevaux ont une vie sociale et mobile. Quand on les domestique, et qu’on les confine dans des box individuels, on réduit leur vie sociale et leur mobilité. C’est source de problème dans leurs relations à l’homme” explique Martine Hausberger, (CNRS - université Rennes 1).

“L’agressivité est souvent le reflet du mal-être de l’animal.” Or, la filière hippique est celle qui connaît le plus d’accidents (lire ci-dessus). Comprendre les raisons de cette agressivité doit permettre d’y remédier.

Martine Hausberger relate plusieurs expérimentations. On a constaté que les chevaux attachés, mais à plusieurs sont moins nerveux. La simple présence d’un miroir a des effets positifs. Le cheval a besoin de contact, même visuel. Inversement, s’il est coincé dans son box et qu’il voit d’autres chevaux au loin, il est frustré, et nerveux.

L’amélioration n’est pas facile à envisager. Selon une étude menée auprès du réseau équin national, 65 % des chevaux sont dans des box individuels...

Pour Martine Hausberger, “le moyen simple d’apaiser l’animal est de lui permettre une vie sociale et des moments de locomotion. Rien ne remplace les sorties en groupe. L’idéal serait qu’il passe au moins la moitié du temps au paddock”.

Evènement

Comment gagner du temps sur le travail d’astreinte ? Les professionnels interrogés par Idele dans l’enquête annuelle du Réseau Equin, citent comme première solution à leur problème, la main-d’œuvre. Effectivement, le besoin de main-d’œuvre est nettement supérieur à celui des autres filières, notamment en raison de la conduite individualisée. Des études récentes ont mis en évidence un réel manque de productivité des structures équines, déjà soumises à de fortes difficultés économiques. Plutôt que le recours à la main-d’œuvre, on se penche sur les aménagements. D’après Loïc Madeline, d’Idele, “le bâtiment a un effet significatif sur le temps de travail de manutention des chevaux, sur la distribution des fourrages ainsi que sur l’entretien des logements”.

L’Institut français du cheval et de l’équitation a été créé en 2010 pour accompagner la professionnalisation de la filière. Il regroupe les Haras nationaux et le Cadre Noir (Saumur). Les Haras ne se chargent plus de reproduction. Les nouvelles missions consistent à assurer la traçabilité et l’information, transférer les savoirs, former, développer la recherche, soutenir l’équitation et le sport de haut niveau.

Métiers chronophages

Selon une étude menée par Idele (Institut de l’élevage), auprès de centres équestres, les travaux d’astreinte représentent six heures par jour pour une écurie de 20 chevaux, dont 34 % consacrés au curage.

Thierry Le Borgne, architecte de l’IFCE.

“Travailler sur la chronophagie”

On travaille sur la chronophagie. L’élevage équin demande du temps et de la main-d’œuvre. Dans la conception d’aménagements, on doit faire en sorte que le temps de travail soit plus court. Par exemple, on met en place un complexe de reproduction circulaire pour ne pas perdre de temps à aller chercher les chevaux dans les paddocks. Pour les travaux d’astreinte, l’automatisation ne séduit pas bien, je ne sais pas pourquoi. Il y a une question de coût n

Philippe-Henri Forget, chargé de communication de l’IFCE.

“Professionnaliser cette filière”

Dans le monde du cheval, on ne sait pas définir ce qui est “professionnel”. Il y a beaucoup de passion, certains ont une double activité. Il n’existe pas de système économique carré, comme dans le reste du monde agricole, à l’exception du sport de très haut niveau et des centres équestres. La vocation de ce colloque est de contribuer à professionnaliser cette filière, à mettre en relation le monde équestre et les évolutions de la société. Cela fait partie des nouvelles missions de l’IFCE n

Christian Vanier, directeur de l’IFCE.

“Des structures pour le bien-être animal”

Sur les structures, trois enjeux ressortent. Le bien-être animal est un sujet important et peu étudié jusqu’à présent. La productivité n’est pas notre fort. Nous avons toujours recours à l’emploi de main-d’œuvre. On doit explorer la productivité au niveau des entreprises, des élevages. Enfin, apparaît la protection de l’environnement. Le cheval n’est pas un ruminant, il est peu concerné par les gaz à effet de serre, mais il produit des effluents. La conception des bâtiments influe sur la production de ces sous-produits n

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