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France - 02-05-2014 - Rémi Hagel

Guillaume Garot : "Si la qualité, c’est uniquement du bio pour les bobos, on fait fausse route"

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Guillaume Garot ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire du gouvernement Ayrault. Il dresse un bilan de son action.

Guillaume Garot ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire du gouvernement Ayrault.

Guillaume Garot ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire du gouvernement Ayrault.


Le 2 mai, vous redevenez député. Corinne Orzechowski, ancienne préfète de la Mayenne, a été nommée déléguée aux industries agroalimentaires. Est-ce qu’elle vous remplace ?


Non, un ministre décide d’une politique, un fonctionnaire l’exécute. Corinne Orzechowski veillera à la continuité du travail engagé. Par exemple, le contrat de filière signé en juin 2013, qui définit des priorités d’action. Un accord de branche prévoit d’accentuer la formation des salariés. Il faudra un suivi annuel. Certains dossiers seront suivis par d’autres ministères. J’ai évoqué la lutte contre le gaspillage avec Ségolène Royal, l’export avec Fleur Pellerin.

Votre ministère a-t-il été utile ?
On peut regretter la disparition du ministère de l’industrie agro-alimentaire, parce qu’il a été l’occasion d’imprimer une vraie politique sur le secteur, pour moderniser les filières, améliorer la qualité. Nous avons obtenu de premiers résultats. L’export de l’agro-alimentaire est l’un des rares secteurs en France à avoir progressé de 3% entre 2012 et 2013. Et nous avons commencé à rééquilibrer entre la viande et les vins. Sur le gaspillage alimentaire, les résultats ont été rapides et concluants. Les écoles test ont réduit leur gaspillage de 30%.

Vous avez traité le dossier Doux. Il doit son salut à des fonds étrangers. Une bonne chose?

La première action a été de sauver le pôle Frais. C’est 300 emplois à Laval. Dans la région Centre, ils auraient été rayés de la carte si on n’était pas intervenu. Pour l’export, il faut arriver à créer un opérateur fort, par un rapporchement entre Doux et Tilly-Sabco.
Quant aux fonds étrangers, ils ne sont pas majoritaires. Mais il ne faut pas craindre les partenariats industriels. Ils traduisent une marque de confiance, un intérêt pour la qualité du travail français. Par exemple, les Chinois de Synutra, avec Sodiaal.

Les normes de qualité ne sont-elles pas un handicap, face aux concurrents ?

Non, c’est un atout pour l’export. Et chaque fois qu’on exporte, c’est de l’emploi qu’on consolide chez nous.
Vous défendez KFC, qui n’a pas l’image d’une alimentation de qualité...
Si la qualité, c’est uniquement du bio pour les bobos, on fait fausse route. Je suis pour la qualité pour tous, c’est une question de justice sociale. Je me suis battu pour que KFC entamme une démarche qualité avec Terrena.

En porc, faut-il fermer un autre abattoir?

C’est du raisonnement à courte vue ! Ce qui doit nous guider, c’est de connaître le besoin du consommateur français ou étranger. A partir de là, on construit une stratégie. Par exemple, j’ai appuyé Terrena pour sa Nouvelle agriculture avec Système U. Derrière, ils investissent dans l’abattoir Holvia, à Laval. Cela crée de l’activité. L’Etat a fait son travail, avec la simplification administrative. Il faut aussi que les professionnels du porc aient une stratégie partagée, plutôt que du chacun pour soi. C’est une nécessité.

Quels sont les enjeux du vote pour le Parlement européen ?

Que ce soit la droite ou la gauche qui gagne, ce ne sera pas la même politique. C'est un choix politique qui revient aux électeur, c'est une bataille. On l'a vu, on a eu des difficultés avec la Commission sur la question de l'étiquetage des viandes. Je suis pour instaurer un salaire minimum dans chaque pays de l'Union, c'est le meilleur moyen de lutter contre le dumping social. L'Allemagne s'est engagée, on doit avoir la même exigence pour tous les pays.

Avec la nouvelle Pac, l'Ouest va perdre...

Il ne faut pas dire qu'on va "perdre". La Pac, c'est un soutien, c'est un plus, mais pas l'essentiel du revenu. La Pac vient corriger des inégalités. Nous avons sauvé le budget de la Pac, et elle a été réorientée vers l'élevage. En Mayenne, j'ai été en dialogue constant avec les représentants agricoles, lors de la phase d'élaboration de la Pac. Nous avons mené des séances de travail fructueuse, par exemple, pour apprécier les conséquences des évolutions de la PMTVA, et en corriger les effets négatifs, par anticipation. Par ailleurs, les financements viennent aussi par le 2nd pilier, avec un rôle important confié aux Régions. Cela permettra une approche fine des territoires, et le respect des identités agricoles de chacun.

Doit-on s'inquiéter du traité transatlantique ?

Il faut éviter de crier avant d'avoir mal. On est au début des négociations. Simplifier les échanges, c'est aussi plus de croissance, donc plus d'activité économique et d'emploi. Cela ne peut se faire dans n'importe quelles conditions. C'est pourquoi la France a tracé un certain nombre de lignes jaunes, sur les OGM, sur les conditions d'élevage (médicaments, chlore, etc). Il faut rester solide là-dessus. Donc, oui à un traité, mais pas un importe quelles conditions.

Sur le pacte de responsabilité, rejoindrez-vous la fronde de certains députés socialistes ?

Non. Ce pacte propose un équilibre socialement nécessaire et économiquement efficace.

Propos recueillis par Rémi Hagel

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Catégories : Mayenne

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