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Europe - 25-04-2014 - Frédéric Gérard

“Ce n’est pas en passant sous les prix de marché qu’on va pouvoir avancer”

POINT DE VUE

Jean-Yves Guérot est président de groupement et le représentant de la CFA en Mayenne, la Confédération française de l'aviculture. Il répond aux questions d'actualité, sans langue de bois.

Jean-Yves Guérot : “L'export est demandeur, mais pas rémunérateur… Les entreprises ont toujours nié la fin des restitutions.”

Jean-Yves Guérot : “L'export est demandeur, mais pas rémunérateur… Les entreprises ont toujours nié la fin des restitutions.”


Après une année 2013 compliquée, vous ne semblez pas plus rassuré pour 2014…

Je veux bien être optimiste, mais sans les restitutions, que va devenir le grand export ? Si cela va au crash, tout le monde va perdre. Ce qui est d'autant plus inquiétant, c'est qu'on sait désormais que des éleveurs cherchent à quitter les entreprises en difficulté (Doux et Tilly-Sabo). Ce qui risque d'accentuer les problèmes du secteur. Les éleveurs cherchent un point de chute, car les trésoreries sont ultra-tendues. Certains réussiront à aller dans d'autres groupes, mais pas tous ; si cela finit mal, certains resteront sur le carreau. Il est donc difficile de croire que tout va bien se passer, en 2014, on est dans une situation probable de crise.


Avec une demande mondiale en hausse, comment expliquer cette situation ?

L'export est demandeur, mais pas rémunérateur. Deux entreprises (Doux et Tilly) n'ont pas compris qu'on arrivait à la fin des restitutions. Elles étaient averties, mais l'ont toujours nié, occulté. Il fallait pourtant se préparer à produire sans restitutions.


Pouvez-vous comprendre la colère des salariés et l’union derrière ces mêmes entreprises ?

Même si quelqu'un les a dirigés dans le mur — les dirigeants —, je peux comprendre que des salariés, des transporteurs, des fabricants d'aliments, des accouveurs aient tous ensemble exprimé leur mécontentement. A un moment, ils ont voulu ignorer les bannières CGT, CFDT, FDSEA pour se retrouver côte à côte. Cela ne me dérange pas. Ce sont tous des gens qui ont besoin de manger.


Que vous inspire cette image d’alliance ?

Dans une filière, on est un tout, il faut rester soudés, on a besoin de tout le monde. Notre force et notre particularité en Mayenne, c'est que nous ne sommes pas concurrents : groupements label ou standard, on travaille tous ensemble, de façon complémentaire, et sans discrédit. Nous portons les dossiers avec le syndicalisme et les abattoirs. Mais c'est vrai que ce n'est pas le cas partout… On voit aussi, chez certaines coopératives, en Bretagne notamment, la volonté de baisser les prix pour prendre des parts de marché. Ce n'est pas la bonne solution. Ce n'est pas en passant sous les prix de marché qu'on va pouvoir avancer dans le respect et l'intérêt de notre filière.


Agrandir les structures d’élevage est présenté comme une solution. Mais c’est loin de faire l’unanimité auprès des riverains…

Grandir ? On n'a pas vraiment le choix, sauf pour les éleveurs qui ont d'autres productions à côté. Dans la Manche, l'Orne et en Mayenne, la plupart des éleveurs sont d'ailleurs restés avec des ateliers complémentaires.

Sur la question des tailles d'élevages, il y a toujours des problèmes de voisinage. Alors qu'on n’entend personne quand les industries se développent. Il faut suivre son temps.


Que pensez-vous du plan régional de modernisation des poulaillers ?

Ce n'est qu'une pré-décision : on ne connaît encore ni le montant des aides ni les conditions d'octroi. Mais pour la première fois, les éleveurs de volailles pourront prétendre au PMBE. Il s'agit de créer des bâtiments fonctionnels qui puissent permettre aux éleveurs de produire dans les meilleures conditions et d'assurer un revenu. Cela va favoriser la construction de bâtiments de haute qualité environnementale et énergétique. Mais attention, il ne faut pas faire les mêmes bêtises que lors des premières mises aux normes : il ne faut des aides trop élevées, qui s'apparentent à un transfert d'argent entre le conseil régional et les entreprises du bâtiment.


Propos recueillis par F. Gérard




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Catégories : Export Aviculture

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