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Mayenne - 25-04-2014 - Rémi Hagel

L'art, pour soigner l'âme des grands malades

SOCIAL

L’Effet papillon fait entrer l’art et le mieux-être dans la vie des grands malades et de leurs proches. Une touche de légèreté, mais avec des bénéfices énormes. Les hôpitaux s’y intéressent de près. La MSA, également, qui soutient ainsi les aidants familiaux.

Avec la MSA, l’Effet papillon propose des séances de socioesthéticiennes à des aidant(e)s familiaux. A la polyclinique du Maine, ce sont des artistes (ici Bretelle et Garance) qui viennent chanter pour les malades (photo L’Effet papillon)

Avec la MSA, l’Effet papillon propose des séances de socioesthéticiennes à des aidant(e)s familiaux. A la polyclinique du Maine, ce sont des artistes (ici Bretelle et Garance) qui viennent chanter pour les malades (photo L’Effet papillon)


C’est un récit fort, et beau, qui s’écoute comme une histoire. Une histoire vraie, pourtant. C’est Mélanie Péron, jeune femme pétillante, qui raconte. “Entre 2007 et 2009, j’ai été proche de patient.” Son compagnon avait une leucémie. La maladie est une épreuve, et elle s’accompagne d’autres blessures, moins visibles. “J’ai été choquée par l’isolement social. Dans la chambre d’hôpital, il n’y a rien à faire à part la télé et l’ordinateur.” A la douleur physique s’ajoute le malaise psychologique, la déprime. “J’ai voulu faire une surprise à mon compagnon. Bénabar donnait un concert à Angers. J’y suis allée au culot, j’ai envoyé un mail à son agent, le lundi. Le samedi, son agent me rappelait :‘On passe’. Il est venu, on s’est marré comme des baleines. C’était fou l’effet qu’il provoquait. Les gens ne parlaient plus de leurs soucis, de médicaments, non, ils parlaient de Bénabar et la vie revenait ! Tant qu’on n’a pas connu une telle situation, où il est question de vie ou de mort, c’est difficile à comprendre. Ces quelques minutes ont bouleversé tout le quotidien !” Fragile, mais puissant, comme l’Effet papillon, comme la chanson de Bénabar.

Pour Mélanie Péron, c’était le déclic. Elle, dont le métier de bibliothécaire consistait à diffuser la culture, s’est dit qu’on pouvait, qu’on devait faire de même dans les hôpitaux. Bien sûr, on a tous entendu parler des clowns qui viennent redonner le sourire aux enfants malades. “Mais tout est sectorisé. Pourquoi les adultes n’auraient-ils pas le droit d’en profiter aussi ?” Elle a poussé la porte de la Polyclinique du Maine, à Laval. Elle a démarré doucement, faisant intervenir des artistes mayennais (Pierre Bouguier, Bretelle et Garance, la Mancha, Olivier Hédin, etc.). “Les artistes ne sont pas rassurés. Ils rencontrent des gens en service de cancérologie, ce sont des situations difficiles. Certains patients refusent de les accueillir, par peur. Puis quand ils entendent la musique dans le couloir, finalement 98 % des Non se transforment en Oui.” Et la magie opère.


Une peinture limite les rechutes


Mélanie Péron a mené sa réflexion plus loin, beaucoup plus loin. Sa démarche n’a rien de farfelu : elle veut développer les thérapies non médicamenteuses. La France n’est pas en avance, contrairement à l’Amérique du Nord. “Selon une étude québécoise, un patient qui peut admirer un tableau dans sa chambre va mieux que celui qui n’a qu’une vue sur le parking. On constate une diminution de l’anxiété, donc des anxiolytiques, de la douleur, des risques de rechute.” Pendant deux ans, elle a potassé, monté ses dossiers, a été accompagnée par Mayenne Technopole et la CCI pour créer son entreprise sociale, L’Effet papillon. Elle propose une palette de services de loisirs et mieux-être : des spectacles, mais aussi des séances de sophrologie, de réflexologie, d’art-thérapie, de socioesthétique.


En trois ans, à la polyclinique, se sont déroulés 13 spectacles, touchant environ 600 personnes. “On peut dire aujourd’hui que c’est devenu ‘normal’, c’est considéré comme un projet d’établissement.” Mais autour, c’est le désert. Il faut prêcher, trouver les oreilles attentives. Il y en a. Il y a les financeurs, qui suivent : la Drac, l’ARS, Oseo, etc. Il y a la clinique Victor Hugo, au Mans, qui met en place cette semaine un protocole de recherche, une étude clinique sur 15 patients atteints d’un cancer, auxquels on va proposer de la sophrologie, de la socioesthétique.


La 3D pour sortir de la chambre


Ils vont aussi expérimenter un réseau social en 3D : Bliss. C’est une autre victoire. Cette innovation a été conçue par des étudiants des écoles d’ingénieur lavalloises. Depuis leur lit, les malades “vont pouvoir s’évader, par immersion dans des décors variés : une forêt, un bord de mer, etc.” Sur le principe des jeux tels que World of warcraft, plusieurs personnes vont pouvoir entrer dans ce monde. Ce seront les soignants, les amis, la famille, d’autres patients. Avec un casque-micro, on pourra se parler, comme dans la réalité, en tête à tête ou à plusieurs. Cette création va bouleverser la vie de ceux qui se trouvent coincés dans une chambre stérile, sans même plus pouvoir toucher physiquement ceux qu’ils aiment. Et ce sera plus adapté à leurs envies, plus que d’aller surfer sur Facebook et voir les photos de vacances au ski de leurs amis... Ce n’est que le début, “on est sur de la recherche, on est les seuls à faire ça”.


Le monde médical avance timidement, les oreilles attentives se trouvent ailleurs. L’Effet Papillon vient de signer une convention avec Orange, et avec L’Oréal-luxe. Ces entreprises vont financer des prestations pour leurs salariés ou leurs proches malades. “Ce sera au catalogue du comité d’entreprise, comme un ticket ciné ou resto.”


Localement, c’est avec la MSA Mayenne-Orne-Sarthe que Mélanie Peron mène un important travail, auprès des aidants familiaux.


Rémi Hagel

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Catégories : Santé

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