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France - 18-04-2014 - Christian Evon

Ph. Mangin : “En matière de compétitivité, la France se tire elle-même une balle dans le pied"

CHAMP LIBRE

Philippe Mangin est le président de Coop de France. Coût du travail, CICE, écotaxe : les sujets d'inquiétude sont lourds pour les coopératives. “Notre cas est plaidable à Bruxelles”, a-t-il expliqué à l'assemblée générale de Coop de France Ouest.

Philippe Mangin est le président de Coop de France.

Philippe Mangin est le président de Coop de France.



"Un salarié français coûte presque deux fois plus cher que ce qu'il perçoit. Impôts, charges sociales et taxes coûtent 67 % aux entreprises, ce qui fait de nous les champions européens en la matière” tonne Philippe Mangin. “Dans nos métiers où l'agroalimentaire est fortement employeur de main-d'œuvre, c'est dramatique. On s'est battus sur le sujet comme des lions depuis dix-mois : pas un jour ne s'est passé sans qu'on se mobilise.”

“Dès le début, on a dit qu'on avait impérativement besoin du CICE : crédit d'impôt compétitivité emploi. Mais en faire bénéficier une entreprise qui n'est pas assujettie à l'impôt, c'est difficile. Pour nous, cet argument ne tient pas car une obligation légale nous impose de réaliser 80 % de notre chiffre d'affaires avec nos adhérents” s'emporte le président de Coop de France.


Dès son congrès 2012, le mouvement a demandé une dérogation pour être éligible au CICE mais les choses ont traîné en longueur à cause des navettes entre Matignon et Bercy. “Appliqué aux salaires inférieurs à 2,5 Smic, le CICE représente 6 % de la masse salariale d'une coopérative. C'est tout sauf négligeable.”

Coop de France estime pouvoir bénéficier des mesures du pacte de responsabilité, notamment l'allègement de la part des charges sur les cotisations familiales. “Mais nous n'avons pas été rassurés par les annonces de Manuel Valls lors de son discours de politique générale”, enchaîne Philippe Mangin. “En revanche, la suppression de la C3S (1), prévue pour 2015, est une bonne mesure”.


Troisième sujet qui fâche les coopératives, l'écotaxe. “C'est bien sûr inéquitable, avec des modalités de prélèvement qui pénalisent l'économie locale au détriment des transports transversaux et transnationaux. Nous n'accepterons qu'elle soit envisagée dans son traitement initial : il faut revoir la copie de fond en comble. Quant au fait de pouvoir répercuter ce surcoût à nos clients en pied de facture, n'y pensons même pas”.


Haro sur la grande distribution


Si on y ajoute les tensions persistantes avec la grande distribution au sujet des relations commerciales, la coupe est pleine. “Nous sommes les victimes d'une course folle et suicidaire dans laquelle elle nous a entraînés, une course qui détruit de la valeur aux stades de la production et de la transformation, qui est à bout de souffle.” Dans la LME, avec l'Ania et la FNSEA, Coop de France a réussi à faire bouger les lignes, notamment sur les conditions générales de vente. “C'est au fournisseur de venir avec sa proposition de prix, et non l'inverse. La négociation doit rester ouverte. On souhaite que la loi prévoit des sanctions et qu'elle impose aux grandes enseignes de les publier, avec l'espoir d'un effet dissuasif.”


Christian Evon


(1) : La contribution sociale de solidarité des sociétés est due par les entreprises réalisant un chiffre d'affaires d'au moins 760 000  euros.





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Catégories : Coopératives

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