• Suivez-nous :

accueil
Actualité-Politique > France > L'agriculture périurbaine, une façade verte des municipales
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

France - 28-03-2014

L'agriculture périurbaine, une façade verte des municipales

ELECTIONS

Les élections municipales 2014 sont l’occasion pour les politiques de manifester leur soutien à l’agriculture périurbaine, soutien conditionné aux enjeux politiques et économiques.


"L’agriculture est confrontée (…) à un paradoxe : d’une part elle contribue faiblement, dans la plupart des cas, à la valeur ajoutée productive locale, d’autre part, il lui est accordé une place importante dans l’aménagement“, soutiennent Nicole Rousier, chercheuse à l’IRSTEA (1), et Nathalie Bertrand, chercheuse au CNRS (2), dans “L’agriculture face au développement économique : un combat inégal ou des politiques périurbaines à construire”, publié en 2003. Les élections municipales sont l’occasion d’illustrer ce paradoxe. Politiquement, les candidats soutiennent farouchement l’agriculture périurbaine, à qui ils associent de nombreux bienfaits dont l’aménagement du territoire. “Si je suis élue maire, je sacralise les terres agricoles”, assure ainsi Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’Europe Ecologie les Verts (EELV) et candidate à la mairie de Villeneuve-d’Ascq (59), qui dénonce le recul de l’agriculture périurbaine au profit de zones commerciales ou d’habitations. Romain Laveau, en charge des questions agricoles pour EELV dans les Pays de la Loire, illustre la tendance pour la ville d’Angers :”Depuis le début des années 2000, la ville perd 50 hectares de terres agricoles chaque année”. Il ajoute que depuis 2011, la perte se situe entre 38 et 40 hectares.

Embûches politiques


La défense des terres agricoles face à l’étalement des villes semble être une priorité pour les politiques. En y regardant de plus près, leurs convictions peuvent voler en éclats lorsque l’enjeu du scrutin municipal se fait jour. À Angers, une liste écologiste et citoyenne (Angers vivre mieux naturellement) est candidate à la mairie. Elle se revendique indépendante de tout parti politique. Nathalie Sevaux, tête de cette liste citoyenne, prend l’exemple d’un projet de patinoire à 125 millions d’euros. “Il y a déjà une patinoire à Angers. Nous nous opposons donc au projet de nouvelle patinoire. Cet argent pourrait permettre de réaliser l’objectif de repas 100% bio, locaux et de saison dans les cantines scolaires”, ajoute-t-elle. L’enjeu est de taille : ce sont 11 500 repas qui sont servis tous les jours dans les cantines scolaires de la ville. “C’est un vrai débouché pour l’agriculture périurbaine que nous soutenons”, rappelle-t-elle. Si la liste citoyenne apporte un soutien inconditionnel à l’agriculture périurbaine, c’est un autre son de cloche pour les listes politisées. À Angers, les Verts font liste commune avec le Parti socialiste (PS). Romain Laveau confie : “Sur les idées, nous sommes proches de la liste citoyenne. Mais si nous ne faisons pas d’alliance avec le PS, nous craignons que la droite ne passe”. Par conséquent, si EELV entend toujours soutenir l’agriculture périurbaine dans leur alliance avec le PS, ils doivent aussi faire des concessions “stratégiques“, notamment sur le projet de patinoire. “Nous faisons de la politique, nous assumons, poursuit-il, si nous étions à Paris ou à Nantes, ce ne serait pas la même chose.


Conflits d’usage


Face au soutien politique de façade, l’agriculture reste l’enfant pauvre du développement de la périphérie des villes. Les enjeux économiques prennent fréquemment le dessus. L’exemple type est le conflit d’usages des terres. La porte-parole nationale d’EELV explique : “La mairie décide du plan d’occupation des terres”. Or l’usage agricole et l’usage commercial des terres sont en conflit permanent aux abords des villes. À Villeneuve-d’Ascq (65000 habitants), les porteurs de projets de centres commerciaux font valoir la création d’emplois induits. L’argument n’est pas jugé recevable par Sandrine Rousseau qui assure que “pour un emploi créé en GMS (grandes et moyennes surfaces), ce sont quatre emplois perdus dans les petits commerces”. Reste que les maires acceptent plus qu’ils ne refusent de modifier l’usage des terres agricoles périurbaines pour la construction de centres commerciaux ou de logements, rapporte-t-elle.



(1) Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture

(2) Centre national de la recherche scientifique


Signaler un abus

Catégories : Politique

Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services