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Autres eco-gestion - 26-09-2002

'J’ai pu lâcher les brides tout doucement'

«Ce qu’on a souhaité s’est réalisé, on ne pensait pas que ça se passerait aussi bien», affirme Marie-France en se tournant vers Stéphane. Le jeune exploitant lui renvoie son sourire «ça a été assez vite par rapport à ce que je voulais». Entre le jeune installé et l’ancienne exploitante passe un respect mutuel, né dès leur rencontre puis mûri au cours de six mois de contrat de préinstallation.
Nous sommes en janvier 2001 et cela fait deux bonnes années que Stéphane Desgranges, contrôleur laitier de 28 ans, cherche intensivement une exploitation à reprendre. Il s’inscrit au répertoire départ installation (RDI). «Je voulais m’installer en individuel, pour des raisons familiales autour de Laval et sur une ferme laitière qui reste à taille humaine. Pas sur un gros truc ingérable au niveau du travail», raconte Stéphane. «J’ai eu quatre ou 5 propositions. L’avantage d’en voir plusieurs? Se donner une idée des valeurs. Il faut arriver avec la tête froide, voir l’appareil de production, les frais potentiels».
«Le contact s’est fait sans problème»
De son côté Marie-France Houdemond, 47 ans, exploite seule depuis 6 ans la ferme de la Chenillère à St Berthevin, son mari étant parti créer une entreprise. «Comme nous n’étions pas propriétaires, nous aurions pu ne rien avoir à y faire», reconnaît Marie-France. «Mais mon mari est attaché à cette ferme, exploitée avant par son père. Et avec 200 000 litres de quota sur 30 ha, on trouvait l’exploitation viable pour un jeune seul. On voulait aussi vendre tout le cheptel et le matériel : la ferme démantelée, la salle de traite n’aurait peut-être pas été reprise». Après un essai de transmission avorté, Marie-France s’inscrit au RDI. «J’ai reçu de l’Adasea un descriptif de l’exploitation» raconte Stéphane. «Cela correspondait à ce que je cherchais. J’ai appelé».
«Il fallait qu’au premier abord, ça passe entre nous. Avec Stéphane, on a eu une bonne relation tout de suite», raconte Marie-France Houdemond. «Le contact s’est fait sans problème», confirme le jeune. «Elle était très ouverte sur toutes les questions, les prix, les sols, le cheptel.». Le soir, Stéphane calcule si, en gros, le montant de reprise demandé colle avec ce qu’il a vu. «Dès le lendemain, en concertation avec ma femme Christelle, j’ai rappelé pour dire que j’étais très intéressé. Elle m’a fait confiance, elle a arrêté de faire visiter».
«On voulait qu’un jeune y arrive»
Au fur et à mesure des rencontres, Stéphane et Marie-France discutent chiffres, avancent les discussions sur les montants de reprise. «Avec mon mari, on présentait un projet mais on ne savait pas si ça allait convenir à un jeune», raconte Marie-France. «Ce qu’on voulait, c’est qu’un jeune y arrive, pas mettre les choses hors de prix. Stéphane a vu ma comptabilité, ce que je dégageais». La confiance se confirme. «Je voyais que Stéphane n’était jamais en retard pour les démarches administratives. Je pensais : le travail aussi doit être bien suivi». Mais il reste une grande inconnue : le propriétaire allait-il exiger de tout acheter? «Je pense que, pour cette reprise, les bonnes relations que moi et mon mari avions avec notre propriétaire ont été primordiales», analyse Marie-France. «Nous l’avons convaincu que, pour qu’un jeune puisse reprendre, il ne devait pas avoir tout à acheter». Stéphane reconnaît qu’il n’aurait pas surenchérir longtemps sur les terres. Finalement, il rachètera le noyau et louera le foncier. Nous sommes en octobre 2001, Stéphane et Marie-France signent un contrat de pré-installation.
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"Avec le CPI, j’étais déjà rôdé"
«Pour mon stage 6 mois, je me suis dit : je reprends après un tiers une exploitation que je ne connais pas, autant y être en stage». Le contrat de préinstallation a donc été une évidence pour Stéphane Desgranges. Marie-France Houdemond, elle, avoue ses appréhensions, au début : « comment va-t’on travailler à deux? En fait, comme nous faisions chacun une traite, j’ai pu lâcher les brides tout doucement, penser à la suite. Il connaissait beaucoup de choses, j’avais juste à lui apprendre comment je travaillais. De plus en plus, je lui ai laissé des responsabilités». Pour Stéphane, «cette période m’a permis de me remettre dans le bain, même si techniquement je connaissais. Je me suis aussi réhabitué à travailler physiquement !».
A la date de l’installation, le 1er avril, Stéphane n’a pas senti de grand changement : «j’étais déjà rôdé, c’était dans la continuité. Je ne me serais pas vu m’installer en une semaine. Là, j’habitais déjà sur l’exploitation». Quant à Marie-France, ce 1er avril, «je ne me suis pas levée le matin et toute la famille était contente! En 6 mois, on a le temps de se préparer à arrêter. Et quand c’est fini, c’est fini. Il faut savoir dire «ici, ce n’est plus chez nous». J’ai tourné la page en douceur».
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Presque la moitié des installations de tiers se font après un CPI
Sur 75 installations entre tiers par an en Mayenne, 35 se font après un contrat de préinstallation.
n Objectifs : Faciliter l’installation des jeunes sur des exploitations viables sans successeur familial; favoriser le renouvellement d’associés ou la constitution d’un Gaec par une meilleure connaissance des associés; préparer progressivement un jeune à la conduite d’une entreprise agricole.
n Conditions : Le contrat de préinstallation s’adresse à un jeune qui possède la capacité professionnelle pour bénéficier des aides à l’installation et qui n’a pas de lien de parenté avec le cédant et avec le ou les futurs associés. Il peut se réaliser à temps partiel ou par périodes discontinues. Il peut être reconnu comme stage 6 mois.
n 2 formules au choix : Le CPI, contrat de préinstallation, dure entre 6 mois et 12 mois (+3 mois avec seulement une couverture sociale). Le jeune a le staut de stagiaire, avec 630 E/mois et une couverture maladie et accident. Hébergement et nourriture (ou indemnité) sont à la charge de l’exploitant. 2ème formule, le CEFI, contrat emploi formation installation. La durée est la même mais le jeune a le statut de salarié. L’exploitant a en charge le salaire et les charges (1549 E environ). Il est indemnisé de 840 E /mois.
Renseignements détaillés : ADASEA, 02 43 67 37 47.
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