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Autres cultures - 19-09-2002

La solidité des fosses sous contrôle

Dans le cadre du 2e programme de maîtrise des pollutions d’origines agricoles (PMPOA), l’agriculteur doit effectuer le contrôle de la réalisation de toute fosse à effluents liquides de volume supérieur à 250 m3. C’est l’une des conditions d’accès aux subventions (arrêté du 26 février 2002). Avant, il n’y avait pas de directives nationales sur ce point mais certains départements appliquaient déjà une mesure de ce type. Ainsi, en Bretagne, c’était déjà le cas dans le premier programme pour les fosses de plus de 300 m3.
Cette modification de la réglementation ouvre de nouvelles perspectives pour les bureaux d’étude présents sur le marché mayennais. Pour l’exploitant, elle offre une assurance qualité supplémentaire. Le bureau d’étude engage sa responsabilité sur la solidité de la construction pour une durée de 10 ans. En cas de problème, l’assureur enquête et peut se retourner vers l’organisme certificateur si la responsabilité de ce dernier est avérée.
Trois visites de terrain
L’arrêté est très précis sur les missions du contrôleur technique. Avant que la première chape de béton ne soit coulée, le bureau d’étude évalue le projet sur le papier. Trois visites de terrain complètent ce travail en amont. Le contrôleur est présent lors du terrassement pour vérifier l’adaptation au sol. Il surveille le ferraillage du radier (le plancher de la fosse) et des voiles (les parois latérales). Il examine les drains avant remblai, en particulier le système d’évacuation des eaux collectées vers le milieu naturel. La qualité du béton et l’étanchéité des soudures sont également regardées de près.
Au final, le contrôleur remet un rapport à l’exploitant. C’est cet avis qu’il faut envoyer à l’administration.

Les trois principaux bureaux d’études sont sur le marché
L’agriculteur peut faire appel à un bureau d’étude agréé par le ministère chargé de la construction ou un organisme accrédité par le COFRAC, comité français d’accréditation. Les trois principaux bureaux d’étude sont présents sur le marché : Socotec, Apave et Bureau Véritas. Les deux premiers sont implantés en Mayenne mais tous peuvent intervenir sur le département.
Ce coût de contrôle est en partie remboursé par les aides publiques au taux de 40 % (ou 45 % pour les jeunes agriculteurs). Le coût plafond est de 915 e.

« Nous donnons un avis défavorable sur les fosses en géomembranes »
« A la Socotec, nous ne conseillons pas la fabrication de fosse en géomembrane. Le qualité du matériel n’est pas remise en cause. D’ailleurs, nous certifions certains fabricants. Mais nous pensons que la géomembrane n’est pas adaptée pour les fosses. Il y a des risques que les bâches se percent au bout de quelques années d’utilisation avec les racleurs ou les outils de nettoyage. Nous donnons systématiquement un avis défavorable ». Bureau d’étude connu historiquement dans le bâtiment, la Socotec a diversifié ses activités en intervenant par exemple sur les équipements industriels, voire les méthodes de production, dans les entreprises agro-alimentaires (Lactalis, Perreault ou encore Bel sur le département). « Pour le contrôle des fosses à lisier, nous avons une expérience de plus de 5 ans en Bretagne. Depuis le PMPOA 2, nous avons déjà réalisé une centaine de contrôles en Mayenne. Certains constructeurs travaillent avec des cahiers des charges déjà certifiés par le bureau d’étude. Le coût de contrôle s’élève alors à 770 e. Pour d’autres, des entreprises locales généralement, on effectuera en amont un diagnostic précis du projet, ce qui augmente les frais ». Le bureau d’étude met en avant son indépendance. « Le capital du groupe appartient aux salariés ».

« Sans drain pour les gaz, on avait une bulle sous la géomembrane »
Thierry et Odile Saudrais, éleveurs à la Fontaine-Couverte ont une expérience de deux concepts de fosse. « Avant, on avait une fosse en géomembrane qui datait des années 1990. Le concept nous avait plu car il était moins cher. Mais la fosse était mal posée. Le constructeur avait prévu des drains pour l’évacuation de l’eau mais pas du gaz. Résultat : au bout de quelques années, le gaz provenant de la terre avait soulevé la géomembrane. On avait une véritable bulle dans la fosse à lisier que l’on ne voyait pas ». Ce qui devait arriver, arriva. « On a fini par déchirer la membrane. Il a fallu tout vider pour la réparer ». Coût de la facture : 760 e. Dans le cadre de la mise aux normes, les éleveurs avaient des aménagements à faire. « On en a profité pour changer la fosse pour une construction en dur. En fait, je n’ai rien contre le concept de géomembrane. Les techniques se sont améliorées et aujourd’hui, on installe des fosses en géomembrane avec des drains pour l’évacuation des gaz. J’ai choisi une fosse en dur moins pour la solidité que pour une question de place. L’ancienne fosse avait une capacité de 450 m3. Avec l’agrandissement de l’un de mes ateliers, je devais avoir un outil d’une capacité de 650 m3. Avec la géomembrane, je devais augmenter la surface au sol de la fosse. Avec une construction en dur, j’augmente le volume en augmentant la hauteur des parois sans changer l’environnement de l’exploitation ».

« La géomembrane coûte deux fois moins cher »
La Cuma Bocage Sud dans l’Orne installe des fosses en géomembrane depuis 5 ans. Pour son président, Claude Gobé, il n’y a pas de risques de perçage sauf en cas d’accident, si un arbre tombe dedans par exemple. Ce procédé permet de diminuer le coût de l’installation. « Tout compris (terrassement, bâche, kit de pompage et clôture de protection), une fosse de 500 m3 coûte 9250 e, c’est deux fois moins cher qu’une fosse en dur. Ce système est adapté aux fosses de récupération des eaux de salle de traite ou des jus de fumière »

« Avec le contrôle, tout le monde a les mêmes normes »
« On travaille avec un bureau d’étude depuis 1994. C’est une bonne chose. Tout le monde travaille avec les mêmes normes » explique Dominique Froc, constructeur en Ille-et-Vilaine. Pour une fosse, l’entreprise ne coule pas le béton sur place mais assemble des panneaux pré-fabriqués. « Le coût final est à peu près identique. Mais avec cette méthode, on monte une fosse en 3 jours et on travaille avec un béton de qualité bien homogène car les panneaux sont faits en usine. Par contre, il faut bien gérer la jonction entre les panneaux pour assurer l’étanchéité de l’ouvrage ».
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