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Pays de la Loire - 07-02-2014 - Frédéric Gérard, Rémi Hagel, Christophe Zapata

Le blues des maires ruraux

EVENEMENT / Elections municipales

La difficulté à motiver des candidats ne concerne pas seulement les co-listiers. La fonction de maire, de moins en moins valorisée dans les petites communes, pose elle-même des questions d’engagement.

La fonction de maire, une place chronophage.

La fonction de maire, une place chronophage.


"Quand on est agriculteur, c’est plus facile de se présenter, explique cet exploitant agricole, maire de sa commune de 230 habitants. C’est plus facile pour nous d’aménager notre emploi du temps en pleine journée, contrairement aux salariés.” Les actifs ne repartent pas forcément pour un second mandat: vies de famille, professionnelle et municipale n’étant pas toujours simples à concilier.

Une fonction dévorante


La fonction de maire est chronophage. “C’est lui qu’on appelle pour tous les sujets y compris un chat sur un toit ou les chiens qui divaguent à onze heures du soir.‘Et si vous n’intervenez pas assez vite, on prévient la gendarmerie’ qui à son tour, appelle le maire…” raconte Gérard Brault, premier élu de Saint-Léonard-des-Bois, dans le nord-Sarthe. Sur leur exploitation agricole, son épouse Viviane estime son temps effectif à un mi-temps. Et pour cela, entre autres, Gérard Brault ne se représente pas.


Face à la charge de travail, le premier magistrat de Mézangers a jeté l’éponge dès janvier 2011. La mauvaise ambiance au conseil municipal n’expliquait pas tout: élu depuis vingt-deux ans dont seize comme maire, Michel Pailleux a aussi abandonné face à “trop de tracasseries administratives”. “On nous dit qu’on simplifie, mais c’est le contraire, confirme Michel Turmeau, maire de Saint-Thomas-de-Courceriers (220 âmes). Par exemple, je suis favorable à la mise aux normes pour les personnes à mobilité réduite, mais certaines modalités sont impossibles à réaliser. On l’a fait pour les bâtiments, mais sur la voirie pour la circulation dans le bourg, nous n’en avons pas les moyens financiers.”


Le conseil municipal démissionne


C’est pour ces problématiques que le maire de Noyant-la-Plaine, en Maine-et-Loire, a jeté un pavé dans la mare, en plein lancement des élections. Le conseil municipal vient de démissionner dans un même élan pour dénoncer “l’accumulation de normes” et les incohérences des politiques… Régis Moreau, élu depuis 1983 et maire depuis 1989, attend l’autorisation du préfet pour quitter ses fonctions. “La situation de notre commune n’a jamais été terrible, mais ces dernières années, c’est pire. Nous sommes une commune de 499 hectares, avec 330 habitants, sans commerce, et un budget de 200 000 euros. Aujourd’hui, on ne peut plus faire de projets, nous n’en avons pas les moyens.” L’ancien agriculteur prend l’exemple du local technique : “On ne peut pas se permettre de suivre les normes. Cela fait 25 ans que je stocke le matériel de la commune chez moi.”


Communauté de communes : une cohérence à prouver


Régis Moreau regrette aussi que “l’esprit communautaire n’existe pas” sur son territoire. “Quand on a rejoint la communauté de communes du Gennois, il y a quatorze ans, on croyait qu’on allait pouvoir mutualiser les moyens, être aidés à monter des dossiers… Au lieu de cela, on a dû payer, des personnes en plus, sans retour.” Lors de la refonte des EPCI (1), l’élu a plaidé pour que Noyant soit rattachée à la communauté de communes Loire-Aubance, aux portes d’Angers. “Tous les nouveaux habitants viennent d’Angers. Mais on nous a dit que nous étions du Saumurois… Point!” C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, et poussé les élus à démissionner “pour faire écho” sur les difficultés de gestion des petites communes. “On se sent seul.”

Le Mayennais Michel Turmeau juge en revanche le travail en communauté de communes “positif”: “Il y a des investissements qu’on ne pourrait pas faire seul. Aujourd’hui, on ne peut plus vivre isolé.” Des notions qui doivent aussi convaincre certains maires de communes jusqu’ici isolées.


Frédéric Gérard, avec Rémi Hagel et Christophe Zapata


(1) EPCI : établissement public de coopération intercommunale. La réforme des collectivités locales impose à chaque commune de rejoindre une EPCI ; ces intercommunalité doivent désormais compter au moins 5 000 habitants.


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Catégories : Politique

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