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France - 03-01-2014 - Rémi Hagel

L'optimisme de la relève

FORMATION

Michel Gaudin, enseigne la gestion aux BTS Acse du lycée agricole de Laval. De 2013, il retient certains décalages entre les discours et sa réalité. Une réalité souvent plus nuancée, et parfois même optimiste.

“S'il y avait tant de pessimisme, les agriculteurs n'auraient pas autant de projets” estime Michel Gaudin.

“S'il y avait tant de pessimisme, les agriculteurs n'auraient pas autant de projets” estime Michel Gaudin.


Depuis 1992, et l'arrivée des BTS Acse (analyse et conduite des systèmes d'exploitation), Michel Gaudin a formé plus de 600 jeunes. Environ la moitié sont devenus agriculteurs. Dans les promotions actuelles, on compte environ un quart de filles, et un tiers de jeunes dont les parents ne sont pas agriculteurs. L'année 2013 est marquée d'une pierre blanche : “Pour la première fois, le premier jeune installé de la dernière promo n'est pas fils d'agriculteurs.” Les temps changent.


Une année de “décalages”


Les enseignants sont des passeurs auprès des jeunes. À ce titre, Michel Gaudin est très attentif aux discours. Pour lui, “2013 est une année de décalages”. “Le premier est celui qui existe entre un discours pessimiste sur l'élevage et l'enthousiasme des jeunes autour de nous. Pour nous, 2013 est l'année des records : nous avons 75 jeunes sur les deux classes (1e et 2e années). De cinquante à cinquante-cinq envisagent de devenir éleveurs.” L'enseignant remarque de l'optimisme aussi chez les éleveurs en place : “On voit des agriculteurs régulièrement, des maîtres de stage : beaucoup ont des projets. S'il y avait tant de pessimisme, il n'y aurait pas autant de projets.”


Il regrette que “les éleveurs ne soient plus toujours fiers de leur métier. Le discours catastrophiste sur le revenu et le temps de travail élevé occulte tout le reste. La complexité est aussi une source de passion, c'est génial contre la routine. Grâce à l'organisation des bâtiments, aux technologies, les conditions de travail se sont améliorées. Le problème se pose si l'agriculteur reste concentré sur le productif. Il doit se dégager du temps pour réfléchir. C'est le message principal qu'on délivre aux jeunes : 'Pensez votre projet globalement. Tout vous poussera à ne penser qu'au projet financier-économique. Or, l'important est votre projet de vie'.” Il faut acquérir “une autonomie intellectuelle et financière. Trop d'agriculteurs cèdent aux sirènes commerciales. Certains jeunes manquent de prudence dans les investissements. Il ne faut pas qu'ils croient que leur revenu sera lié à la (grande) dimension de leur exploitation. En agriculture, le danger n'est pas économique. Le danger, c'est le travail, c'est le risque qu'ils explosent en travail, dans leur vie personnelle”. Il invite à aller se former dans des groupes, des réseaux, dans les Cuma. La loi d'Avenir conforte cette idée.


Chasse au “modèle”


Pour accompagner ce message, la formation de BTS donne des cartes aux étudiants, une vue générale de ce qu'est l'agriculture, du bio au plus intensif. “Le lycée est un lieu neutre, où on peut montrer des choses différentes.” L'idée de “modèle” l'horripile. C'est l'autre décalage qu'il perçoit : celui entre le discours politique et le terrain. Vouloir “changer de modèle”, c'est oublier que “depuis 30 ans, on évite de parler de modèle, que les agriculteurs ont fait évoluer leurs systèmes. On n'est pas dans un métier figé. Justement­ , on s'efforce de présenter la diversité de l'agriculture à nos étudiants”. Et surtout, c'est prêter des prétentions trop élevées aux formateurs : “On n'est qu'un petit maillon de la chaîne. Pour commencer, les jeunes doivent acquérir les bases pour comprendre leur métier.”


Redonner confiance


Et pour cela, l'enseignement agricole se démarque des bilans alarmistes de l'école française. “Chez nous, certains élèves sortent de Bac S, d'autres ont souffert dans leur parcours. Ici, la mixité, ça marche. On a la chance de pouvoir travailler sur des projets, partagés sur plusieurs disciplines. On redonne confiance aux jeunes.”


Rémi Hagel


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Catégories : formation Mayenne

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