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France - 03-01-2014 - Frédéric Gérard

“Aujourd'hui, on ne peut rester isolé dans sa concession”

EQUIPEMENTS

La relation entre concessionnaires et constructeurs, le paysage agricole et donc la clientèle, les règles économiques mais aussi juridiques et fiscales. Tout autour change. Raphaël Lucchesi, président du syndicat national des entreprises de services et distribution de machinisme agricole, se voit ainsi amené à repenser la fonction. Le concessionnaire mayennais s'explique.

Raphaël Lucchesi, sur sa concession de Bonchamp-lès-Laval.

Raphaël Lucchesi, sur sa concession de Bonchamp-lès-Laval. "On se trouve aussi dans une période de transition. On change toutes les règles du jeu en même temps !" Di„cile de dire de quoi demain sera fait.


En septembre dernier, Paul Kerdraon lui a fait une confidence : Raphaël Lucchesi est le premier président du Sedima à se déplacer au Space. Le commissaire général du salon de Rennes n'avait peut-être pas fait le lien, mais le patron de Concept Elevage­ (co-associé) s'avère aussi être le premier président à ne pas être tractoriste. Le premier du monde de l'élevage depuis la création du syndicat des distributeurs de matériel agricole, en 1919.


Impliquer le secteur
de l'élevage


Elu à la présidence en février, Raphaël Lucchesi œuvre à changer la donne en interne, depuis 2011, et la création d'une commis­sion “élevage”. Une commis­sion beaucoup plus large, en fait, dédiée aux “métiers spécialisés”: élevage, mais aussi vini et viticulture, et activités parcs et jardins. Le but étant de donner une meilleure visibilité à ces métiers, ainsi qu'une meilleure implication des acteurs, au sein du Sedima. “Nous sommes dans des métiers particuliers où il faut réaliser des interventions sept jours sur sept, 24 heures sur 24, gérer des travailleurs isolés, etc. Il faut donc prendre en compte des conditions qui dépassent le cadre de nos compétences techniques. Le social, notamment, devient trop complexe en terme de suivi et d'application des textes.”


Pourtant, ce sont les tractoristes qui adhèrent en premier lieu au Sedima : environ 80 % d'entre eux, contre à peine 40 % pour les concessionnaires d'équipements d'élevage, soit 130 au total. Un taux plutôt faible, dont s'étonne Raphaël Lucchesi. “Aujourd’hui­, je ne pense pas qu'on puisse avancer seul, et rester isolé, la tête dans le guidon, dans sa concession.” La pluie de nouvelles réglementations, d'adaptations et de modifications de texte existants, juridiques, sociaux et fiscaux, constitue à elle seule une bonne raison d'adhérer au syndicat, selon lui. Il cite, entre autres, les conventions collectives, la réforme des mutuelles, les procédures d'immatriculations, etc.


Changer 
les rapports


Faire évoluer les relations avec les constructeurs est aussi au cœur des réflexions. Les distributeurs réclament une nouvelle vision, et avec certaines marques, davantage d'échanges. Ils demandent ainsi que les fabricants de tracteurs s'inspirent de leurs homologues de l'automobile sur l'aspect “multimarques”; mais aussi, sur l'extension et l'homogénéisation des garanties, afin d'éviter des “vices de concurrence” entre concessions d'une même zone. Raphaël­ Lucchesi espère que ces évolutions concerneront aussi les équipements d'élevage. “Un moteur électrique par exemple, n'a pas de garantie. Dans ce cas, si un problème survient lors de son installation, à qui revient la faute?” Autrement dit, comment se débrouille-t-on avec le client ? Qui doit prendre la défaillance à sa charge ?


Moins de certitudes
pour 2014


Pour l'heure, le marché du machinisme reste plutôt dynamique, en France du moins. Le premier marché européen enregistre encore une hausse de 4 %, cette année, alors que dans le reste de l'UE, la tendance est plutôt à la stabilité (Allemagne, Espagne, etc.), voire au fléchissement sensible (Royaume-Uni, Pologne, etc.). “Nous nous montrons plus prudents que les constructeurs pour 2014, commente­ Raphaël Lucchesi. Nous pensons qu'on verra davantage une stabilisation des ventes qu'une croissance. Il faut aussi distinguer le marché des tracteurs et du travail du sol avec celui de l'élevage. Nous, nous sommes sur un marché à faible croissance, du fait de la concentration des exploitations. Il faut aussi prendre en compte que la DFI va disparaître…” (1)


Les éleveurs laitiers plus attentistes


Dans sa concession, près de Laval (Mayenne), Raphaël Lucchesi confie avoir “eu plutôt une bonne année, avec pas mal de commandes, dans le porc. Les mises aux normes se poursuivent. Les laitiers se sont montrés beaucoup plus attentistes. Même si on fait des devis, les gens ne se lancent pas pour autant. Le prix du lait n'a pas été aussi extraordinaire qu'annoncé, en début d'année. Et si les cours des céréales ont baissé, ce n'est pas sûr que le prix de l'aliment a suivi exactement la même tendance. On se trouve aussi dans une période de transition, avec la nouvelle Pac, la fin des quotas, etc. On change toutes les règles du jeu en même temps ! Dans certains secteurs géographiques, la déprise de l'élevage entraîne la fermeture de concessions d'élevage. Certains­ jettent l'éponge, quand le périmètre d'activité devient trop important, du fait de la concentration des exploitations laitières.”


De leur côté, les banques font part d'une augmentation des demandes de clients producteurs de lait pour obtenir des financements courts terme : “Les éleveurs vont-ils en profiter pour investir ou plutôt remettre à flot leurs trésoreries?” Réponse d'ici quelques mois.


Frédéric Gérard


(1) La Loi de Finances 2012 supprime la possibilité de défiscaliser sur des biens immobilisés (bâtiment, matériel). Un plafond de déduction est également appliqué.



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Catégories : Matériel Mayenne

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