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Loire-Atlantique - 29-11-2013 - Antoine Humeau

Pour transmettre, il faut an-ti-ci-per !

INSTALLATION TRANSMISSION

Salariat, stage de parrainage, contrat de transmission, plusieurs solutions permettent de simplifier le passage de témoin pour transmettre son exploitation. Mais pour bien préparer la transition, le maître mot reste l'anticipation. Exemple à Varades.

A Varades, Anthony Adam s'est installé il y a quatre ans sur l'exploitation de Dominique Tremblay avec un contrat de transmission. Le cédant quittera la ferme l'an prochain.

A Varades, Anthony Adam s'est installé il y a quatre ans sur l'exploitation de Dominique Tremblay avec un contrat de transmission. Le cédant quittera la ferme l'an prochain.


Dans un an, Dominique Tremblay, 55 ans, quittera son exploitation. Le maire de Varades et conseiller régional (alimentation et agriculture), prépare sa transmission depuis longtemps. Sur les 39 hectares, il produit des céréales et du lapin. Quand son associé est parti en 2002, il a eu recours au salariat pour le remplacer. Plusieurs CDD se sont enchaînés, et Anthony Adam est arrivé. Un jeune homme issu du milieu agricole mais qui ne souhaitait pas s'installer rapidement. “Je voulais d'abord me former, et m'installer ici n'était pas un rêve en soi parce que l'élevage était un peu à la traîne.” Il y avait des investissements à réaliser, et Dominique­ Tremblay­, très pris par ses responsabilités politiques, déléguait le travail à ses salariés. “Il m'a très vite laissé les commandes pour remettre en route l'élevage” se souvient Anthony­ Adam. Un matin en prenant le café, Dominique Tremblay lui demande si s'installer ici l'intéresserait. Trois mois plus tard, sa décision est prise.


Anthony Adam devient associé en 2009. Les deux hommes signent un contrat de transmission. Le cédant s'engage à quitter l'exploitation dans les cinq ans. Durant ces cinq années, il s'agit de rénover et mettre aux normes le bâtiment lapin et de renouveler le cheptel. Les nombreux travaux occupent énormément le temps d’Anthony Adam. Dominique Tremblay, lui, pilote le Projet dé­ve­lop­pement entreprise (PDE). L'an prochain, Anthony Adam paiera 60 000 euros de capitaux. “Cela m'aurait coûté 200 000 euros, sans ce contrat de transmission”. “Etre cautionné par un plus ancien a permis de faire passer le projet auprès des banques, d'autant que quand je me suis installé, c'était pendant la première grosse crise du lapin.” “La garantie n'est pas une fin en soi, c'est un peu la cerise sur le gâteau”, complète un représentant d'une banque.


La société, “une richesse pour les décisions”

Il y a encore cinq ans, Anthony Adam, dont les parents étaient en individuel, était loin de penser qu'il s'installerait en société. Il a aujourd’hui une perception différente : “C'est une source de richesse pour les prises de décision. Et Dominique est plus âgé que moi, il a un regard différent, complémentaire.”


S'installer en société est sans doute à privilégier, notamment pour des questions financières. Le président de JA 44, François Guyot, avait lui aussi un projet individuel. “Finalement je ne regrette rien, et on s'apprête à accueillir un quatrième associé.”


Passer par le salariat avant de s'associer est une transition intéressante pour le candidat comme pour le cédant, no­tamment dans les élevages spécialisés. “C'est un bon moyen de passer le relais et pour le jeune, de connaître l'exploitation, se préparer à la prise de responsabilités”, note Xavier Pinel, conseiller­ transmission à la chambre d'Agriculture.


Le stage de parrainage offre lui aussi ces avantages. Ce dispositif rencontre un franc succès dans le département avec une quarantaine de dossiers par an. Est-il souhaitable de suivre un stage de parrainage quand on est salarié ? Cela donne de la souplesse au dossier d'installation. Mais “le revenu n'est que de 650 euros, et il est difficile de demander à un salarié de gagner deux fois moins qu'avant”, observe Dominique Tremblay.


“Pas d’installation sans préparer la transmission”


L'implication des filières semble aussi plébiscitée par les candidats comme par les cédants. “Grâce à une caisse de péréquation, Terrena m'a garanti un prix à 1,70  €", c'était important précise Anthony Adam. Faudrait-il étendre ces garanties au-delà de cinq ans, répond Marcel Placet, administrateur à Terrena.


Au-delà de ces éléments techniques, la clé d'une transmission réussie reste bien l'anticipation  : “On n'aura pas d'installation si on ne prépare pas les transmissions”, met en garde un élu de la Chambre, tandis que pour François­ Guyot : “Demain, ce ne sont pas les exploitations les plus rentables qui se transmettront, mais celles qui auront su anticiper.”


Antoine Humeau



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