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Sarthe - 22-11-2013

En 1870, le sacrifice des volontaires bretons

Sur la route toute droite qui relie Le Mans à Sillé-le-Guillaume puis Mayenne, se trouve un monument commémoratif de la guerre de 1870, à hauteur de Conlie (Sarthe). Bien peu s'y arrêtent, sauf des Bretons...

La France s’apprête à revenir sur le début de la première guerre mondiale à l’occasion de son centenaire. Au musée Roger Bellon de Conlie, dans la Sarthe, consacré pourtant à la seconde guerre mondiale, l’animateur Dominique Ragnot a choisi de revenir sur un épisode de la guerre de 1870-1871 qui s’est déroulé à Conlie, à l’endroit même où se trouve le musée. C’était le thème de cette première “Ballade en histoire” organisée le 11 novembre.


La guerre était déjà perdue mais…

En 1870, Bismark, chancelier de la Confédération de l’Allemagne du Nord, dispose de l’armée prussienne, très bien entraînée et plus forte à elle seule que l’armée française. En France, le parti républicain rêve de reprendre le pouvoir. Le 17  juillet 1870, la guerre est déclarée. Le 2 septembre, l’empereur Napoléon III qui avait tenu à commander les troupes lui-même est encerclé à Sedan et décide de se rendre. Mais, Paris ne se rend pas ; une foule menée par Léon Gambetta et Jules Favre envahit le corps législatif le 4 septembre pour demander la déchéance de l’empereur prisonnier, proclamer la République et former aussitôt un gouvernement de défense nationale. Mais le 19 septembre, l’armée prussienne encercle Paris. Qu’à cela ne tienne, Gambetta et des membres du gouvernement s’échappent de la ville en ballon pour continuer la guerre.


Emile de Kératry va se charger de lever une armée bretonne. Ancien militaire, député du Finistère et proche de Gambetta, il est de ceux qui s’échappent en ballon lorsque Paris est encerclée. Nommé général de brigade, il attire très vite à lui de très nombreux volontaires de toute la Bretagne. Il choisit une butte près du village de Conlie pour sa situation dominante sur la plaine alentour et la proximité de la ligne de chemin de fer Paris-Rennes qui venait d’être faite. La butte est recouverte de bois : on rase tout et on utilise les troncs pour tenir les élévations de terre qui formeront la redoute, seule fortification du camp.


“Les malheureux mobiles pataugent dans la boue”

Les 20 000 hommes qui arrivent là dès le mois d’octobre, doivent s’installer sous des tentes tout autour de la redoute sur des terres labourées. L’automne étant particulièrement pluvieux, un témoin présent au camp à la mi décembre, rapporte : “...c’est plutôt un vaste marécage, une plaine liquéfiée, un lac de boue. Les malheureux mobiles pataugent dans la boue où ils pourraient certainement faire des parties de canots. Ils sont là quarante mille nous dit-on et, tous les jours, on enlève 500 ou 600 malades. Quand il pleut trop fort, on retrouve des baraquements submergés dans les bas-fonds…” Pour ajouter à leur malheur, ces hommes ne recevront jamais ni les instructeurs, ni le matériel nécessaire, ni même les armes et les munitions. Gambetta en effet, impressionné par l’ampleur de la mobilisation bretonne craint un retournement royaliste contre la République et il interdit aux arsenaux de fournir le moindre armement à l’armée bretonne. Kératry indigné, demandera à être relevé de son commandement.


L’armée bretonne équipée… 
avec un fusil pour trois hommes

Lorsque le 10  janvier 1871, Chanzy avec l’armée de la Loire s’apprête à affronter l’armée prussienne à Auvours à l’est du Mans, l’armée bretonne ne compte plus que 19 000 hommes valides sur les plus de 50 000 présents. Gambetta les équipe sommairement de vieux fusils Springfield récupérés de la guerre de Sécession des Etats-Unis, à raison d’un fusil pour trois hommes. Et ils rejoignent l’armée de la Loire où ils devaient constituer une troupe de réserve. Mais on les charge de tenir une position. Et les Prussiens faisant justement porter leur effort sur cette position, le général Chanzy rejettera sur eux la responsabilité de la défaite.

Le 12  janvier, la bataille du Mans est perdue mais la guerre continue. Le camp de Conlie est évacué à la hâte. Les Prussiens y arrivent le 14 et font sauter la redoute avant de faire face à des troupes françaises repliées plus loin dans les replis du terrain. Ils mettront 24 heures pour atteindre le village de Crissé situé à 5 km. “A la gare (de ce village), on marchait dans le sang” rapporte une ambulance. Les Français se replient enfin sur Laval. L’armistice est signé le 26 janvier et l’armée de Bretagne est dissoute officiellement le 7  mars 1871. Un monument aux volontaires bretons a été placé dans le cimetière de Conlie en 1903. Il ne retient le nom que de 118 morts au combat, et 131 morts au total. Un chiffre très en dessous de l’ensemble des pertes, morts de maladies au camp ou (très nombreux) juste après leur retour chez eux.

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